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ZikZak Festival

Le Zik Zak festival, revient pour la 16ème année agiter la rentrée culturelle aixoise avec un plateau sillonnant les musiques actuelles mondiales de Trinidad au Danemark en passant par la Tunisie et l’Algérie. L’événement change chaque année de lieu. En septembre la manifestation se déroulera stade Robert Ruocco (348 avenue Gaston Berger) ; une itinérance qui complexifie la démarche d’éco-responsabilité comme l’explique Pascale Severac, régisseur général, en charge de ces questions.

« La principale difficulté que nous rencontrons est liée au changement de lieu qui impose à l’équipe du festival de réadapter systématiquement le plan d’action éco-responsable  en fonction des équipements et du contexte global du lieu.

Cette année, nous serons au stade Robert Ruocco qui peut accueillir l’ensemble de notre public, environ 6000 personnes sur deux jours. Le stade, situé avenue Robert Schumann est localisé près des facs et pour nous c’est important, car c’est un public que nous privilégions. Le Zik Zak festival sonne la rentrée pour tous, c’est un moment de convivialité, de rencontre pour les étudiants tout juste débarqués à Aix. Avec une petite quinzaine de concerts sur 2 jours, pour un ticket à 10 euros pour les étudiants, nous leur souhaitons la bienvenue dans cette nouvelle ville qui les accueille. Les tarifs sont d’autre part de 15 euros (tarif réduit moins de 25 ans et demandeurs d’emploi) et 20 euros plein tarif, ce qui reste très abordable. »

Sur quels postes intervenez-vous en ce qui concerne l’éco-responsabilité de la manifestation ?

Nous avons eu des débuts difficiles, il y a quelques années, mais aujourd’hui nous sommes présents sur tous les fronts. L’édition 2013 sera encore plus « éco-responsable » que les précédentes. C’est un processus d’amélioration continue.

Nous avons fait un grand pas en matière de transport avec la mise en place de navettes pour le public. Les bus de villes fonctionnent habituellement jusqu’à 21 h, ce qui permet d’avoir accès au festival. Pour ceux qui viennent en voiture, les parkings Krypton et du Haut de Brunet  seront ouverts exceptionnellement jusqu’à 2 h du matin et pour la première fois des navettes permettront de faire le trajet du retour entre le stade et ces lieux de stationnement.

Nous communiquons sur ce service sur notre site internet, mais la majeure partie de l’information sera fournie pendant le festival puisqu’il s’agit des retours vers les lieux de stationnement, donc le public cible sera in situ. On communique aussi beaucoup sur le principe du co-voiturage, un lien est en place sur le site du Festival Zik Zac pour que les gens s’inscrivent.

Pour tout ce qui est gobelets réutilisables, toilettes sèches, éclairage LED, nous maintenons ce que nous faisions déjà précédemment. Il est à préciser que pour les gobelets et toilettes, nous traitons avec des prestataires spécialisés qui gèrent l’ensemble de a à z.  Nous continuons aussi le tri des déchets en partenariat avec la CPA et les systèmes d’information au public. L’année dernière par exemple, nous avions exposé de grands panneaux sur les éco-gestes en général ; une information libellée simplement et accessible à tous.

En ce qui concerne les stands alimentaires, nous avons un cahier des charges que les prestataires doivent respecter et qui réclame de ne pas utiliser, par exemple, de gobelets jetables, de privilégier les matériaux compostables et une alimentation de qualité.

Enfin, en ce qui concerne la communication, on diffuse essentiellement via les réseaux sociaux, sinon tout notre matériel de communication est à base de papier recyclé et nous utilisons des encres végétales. Pour les messages à faire passer et leur hiérarchisation, je travaille directement avec la chargée de communication. En interne, chacun communique à ses équipes la démarche éco-responsable à suivre.

Comment le public accueille-t-il cette démarche ?

Nous utilisons des gobelets réutilisables depuis 2008. Au début, certains râlaient, obligés de devoir laisser une caution. Maintenant cela fait partie des mœurs, il n’y a plus d’étonnement.

On peut donc considérer que ces années ont servi à former le public qui aujourd’hui apprécie la propreté et le respect du lieu que favorisent ces pratiques . Avec les années qui passent, les gestes deviennent normaux et naturels. Les toilettes sèches sont aussi rentrées dans les mœurs.

Qu’avez-vous mis en place pour les artistes et les équipes techniques et comment l’accueillent-ils ?

On informe les artistes sur cette démarche et pour l’instant nous n’avons jamais eu d’expression de mécontentement. Les artistes aussi ont leurs toilettes sèches, des poubelles de tri et des gobelets réutilisables. Nous choisissons aussi des hôtels proches, de manière à ce qu’ils puissent se déplacer à pied jusqu’au lieu du concert. Pour le catering, nous travaillons avec des produits bio et de proximité. Enfin les loges sont aménagées avec le mobilier d’Emmaüs qui nous prête le matériel nécessaire. Nous offrons en contrepartie des places aux compagnons. L’année dernière, Zebda a d’ailleurs félicité notre démarche tout en regrettant d’avoir, en ce qui les concerne, un bilan carbone lourd à cause des tournées.

Votre démarche va au-delà d’une démarche d’amélioration environnementale, vous avez choisi d’être un porte-voix pour les ONG et de maintenir une politique sociale affirmée. En quoi ?

Nous avons une politique sociale volontariste. On fait, par exemple, des tarifs à 10 euros pour les étudiants, ce qui est plus que raisonnable pour 6 concerts par soir. On travaille aussi avec la Fondation Abbé Pierre, à qui nous attribuons un emplacement pour exposer son travail. Les membres de la Fondation font d’ailleurs in situ des enquêtes auprès du public, très souvent peu conscient de l’ensemble des actions menées. L’année dernière, notre public a été très réceptif et cela a provoqué de nombreux échanges. Nous avons la même démarche avec Médecins du Monde, l’association Tremplin (prévention des risques auditifs) et l’association l’ATMF (Association des Travailleurs Magrébins de France qui ont un stand sur le site. Enfin, pour la première fois, nous allons créer un temps de rencontre avec les professionnels et étudiants intéressés,  en partenariat avec la plateforme aér et le Conseil Régional qui porte le programme AGIR+. Ensemble, nous allons tenter de faire un état des lieux de l’éco-responsabilité des festivals en PACA.

C’est important que les festivals soient dans cette démarche, car nous recevons du public et nous pouvons faire passer des messages. En qualité  d’organisateurs, nous devons avoir conscience que nous pouvons offrir plus qu’un simple geste de consommation de culture. Il est important d’être dans une démarche de prise de parole, c’est aussi notre rôle : sensibiliser et informer.

Comment financez-vous cette démarche et quels sont vos soutiens ?

Nous bénéficions d’une subvention du programme AGIR qui nous permet de couvrir certains surcoûts liés à l’éco-responsabilité, les toilettes sèches sont par exemple deux fois plus chères que des toilettes chimiques.

Nous avons une convention triennale avec la ville et la CPA, ce qui est essentiel à la survie du festival et tout particulièrement à la démarche. La CPA s’occupe entièrement du tri sélectif, depuis les équipements jusqu’à l’enlèvement. C’est aussi la CPA qui nous fournit les navettes pour le transport du public. Sans eux, nous n’aurions jamais eu les moyens de le faire. La Communauté du Pays d’Aix aura d’ailleurs elle aussi un stand de sensibilisation au tri sélectif et à la politique mise en œuvre sur le territoire.

Que vous a apporté la plateforme aér ?

Pour la prise de conscience,  la motivation et la mise en œuvre, il est important qu’il y ait un lieu identifié comme un lieu ressource. Mes rencontres avec Benjamin Durand m’ont fait prendre conscience qu’il était important de valoriser ce que l’on fait, ne serait-ce que parce que cela peut être utile pour d’autres. Ne pas refaire toutes les mêmes erreurs, s’inspirer des bonnes idées des autres, voilà aussi ce à quoi sert la plateforme. Et puis, à travers l’ARCADE, la plateforme propose des formations pour s’emparer de l’éco-responsabilité. J’ai suivi cette formation et j’y ai appris beaucoup. La plateforme est un levier essentiel pour nous.

Quels seraient vos besoins pour pouvoir aller plus loin ?

Deux besoins semblent émerger, et cela pour tous. Le besoin de mutualisation comme des stocks de gobelets qui pourraient être financés dans le cadre d’AGIR et mis à disposition des festivals. Enfin, il y a un poste qui pose à beaucoup un problème, c’est l’évaluation et si nous pouvions être aidés sur cette partie ce serait bénéfique.

Récolter les infos dans les festivals de PACA, évaluer et analyser les résultats pour orienter, donner des axes d’amélioration précis, cela permettrait de hiérarchiser nos démarches et de faire émerger les axes d’intervention prioritaires.

Interview de Pascale Severac, régisseur général, en charge de l’éco-responsabilité

ZikZak Festival 2013 : 20 et 21 septembre à Aix en Provence

Plus d’infos : www.zikzac.fr