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Festival Kid'Délires

Quelle que soit la taille d’un festival, son budget ou son nombre de spectateurs, il est toujours possible d’engager des actions relevant de l’éco-responsabilité. C’est avant tout une question de bon sens et de volonté comme l’a démontré Béatrice Séqueval, présidente de l’association « Aufestikids » qui organisait en juin de cette année, la première édition du festival « Kid’Délires » à la Roque d’Anthéron. Sans moyen et un équilibre financier non atteint, elle a prouvé qu’en s’appuyant sur les ressources locales et les bonnes volontés, on pouvait être aussi exemplaires que les grands.

Quelles sont les caractéristiques de ce festival ?

La première édition a eu lieu le 2 et le 3 juin 2012 à La Roque d’Anthéron, mon village, où je désirai organiser une manifestation culturelle pour les enfants et les familles. En habitant ici, on n’a pas forcément accès à beaucoup de spectacles pour la jeunesse. Pour cette première, le programme a fait la part belle au spectacle vivant et à la pédagogie avec des ateliers ludiques et pédagogiques pour les enfants (atelier d’écriture avec l’auteur Franck Menbribe sur l’éco -responsabilité, création à partir d’objets recyclés, cuisine avec légumes bio… ). Nous avons eu un millier de spectateurs. La direction artistique tend vers le spectacle de cirque contemporain ou burlesque, mais aussi les marionnettes ou le théâtre. Il est important pour moi d’apporter des spectacles de qualité, même si le festival n’en a pas encore les moyens. Certes, j’ai dû investir sur mes propres deniers, mais je pense que nous avons cette année fait nos preuves et que l’année prochaine, nous serons suivis par les financeurs. Sur un budget global de 12 000 euros, nous avons eu 1000 euros de la mairie et aussi de nombreux partenariats avec les entreprises et structures locales. Par ailleurs, le festival ne s’arrête pas le soir du 3 juin, notre action continue toute l’année auprès des écoles et des jeunes de La Roque avec l’association Aufestikids dont je suis la présidente et qui a maillé de nombreux partenariats sur le territoire.

Pourquoi dans un contexte aussi précaire financièrement, vous êtes-vous imposé une démarche éco-responsable ?

L’éco-responsabilité ne coûte pas forcément cher, c’est plus une question de bon sens et de volonté. Et puis, nous nous adressons aux enfants, nous avons une mission pédagogique et de transmission. En plus, nous vivons dans un environnement privilégié, il était donc incontournable pour nous d’engager cette démarche qui n’a pas été menée aussi loin que nous le voudrions, mais c’est un premier galop d’essai et nous avons bien l’intention d’élargir notre champ d’actions par la suite.

Alors qu’est-il possible de faire en matière d’éco-responsabilité lorsqu’on n’a pas de moyens ?

-Notre première action s’est portée sur le tri sélectif. La CPA a été un partenaire majeur pour mener à bien le tri. Ils nous ont installés et prêté les équipements nécessaires au tri et ont organisé des animations ludiques pour les enfants et les parents durant toute la journée.

- En matière d’alimentation, nous avons fait un partenariat avec un restaurant local qui se trouve juste à côté de l’école où se déroule la manifestation. L’équipe du grain de sel a accepté de nourrir tous les artistes pendant le festival et c’est l’AMAP locale qui chaque jour amenait au cuisinier, légumes et fruits bio du coin. En ce qui concerne la buvette, nous nous approvisionnons auprès d’un des distributeurs référencés par la plateforme aér. Nous proposons des jus de fruit et thés bio et des crêpes faites par les bénévoles et moi-même, aussi à base de produits bio.

La prise en compte du développement durable dans l’organisation d’un événement destiné aux enfants est une démarche à la fois riche et novatrice. Pour la première édition de KIDELIRES, Optimétrie a participé au traitement « durable » des déchets en prenant en charge la fourniture des gobelets recyclables de la buvette

- Toute la vaisselle utilisée est faite à partir d’amidon de maïs, elle est donc compostable. C’est l’association Croq’Jardin qui la récupère et la composte. C’est certainement notre partenaire le plus important. Cette association, qui se trouve à La Roque d’Anthéron, travaille à la sensibilisation des enfants aux questions environnementales en s’appuyant sur des exemples de terrain grâce à un jardin pédagogique que l’association gère à La Roque d’Anthéron. C’est main dans la main que nous travaillons tout au long de l’année auprès des écoles du village. Croq’Jardin a une longue expérience de ces exercices puisque l’équipe travaille sur tout le territoire de la Communauté du Pays d’Aix qui soutient la structure pour son action pédagogique.

- En ce qui concerne la communication, j’ai fait très attention aux endroits où je déposais mes flyers de façon à en mesurer la pertinence afin de ne cibler l’année prochaine que les lieux qui auront bien fonctionné.

La prise en compte du développement durable dans l’organisation d’un événement destiné aux enfants est une démarche à la fois riche et novatrice. Pour la première édition de KIDELIRES, nous avons participé au traitement « durable » des déchets en prenant en charge la fourniture des gobelets recyclables de la buvette.

Quels sont les projets pour l’année prochaine ?

J’aimerais travailler sur le transport et favoriser les transports en commun ainsi que le covoiturage. Nous avons grâce à un questionnaire pu identifier la provenance des spectateurs : 33% venaient de la Roque, 50% des alentours (c’est-à-dire jusqu’à 30 km) et le reste de plus loin. C’est donc un poste sur lequel on peut agir. Je voudrais aussi à terme pouvoir m’équiper d’un stock de gobelets en plastique réutilisables, j’envisage aussi, si besoin, l’installation de toilettes sèches, aujourd’hui ce n’est pas nécessaire le lieu où se déroule le festival étant déjà équipé (école…).

Pour les éditions futures, avec Optimétrie nous pensons à des collaborations sur d’autres champs d’actions tout aussi riches : le transport, les émissions de gaz à effet de serre, les produits alimentaires, la gestion durable de l’eau, etc.

Que vous a apporté la plateforme aér ?

Benjamin Durand m’a aidé à identifier ce que j’étais en capacité de faire dans le cadre de ce festival. Il m’apporte des solutions et me fait part de ses suggestions. Sans son aide, je n’aurais jamais pensé à réaliser un questionnaire. C’est pourtant grâce à ce questionnaire qu’aujourd’hui je peux faire un bilan et des évaluations de façon à ce que la démarche évolue dans le bon sens. L’annuaire des prestataires identifiés par la plateforme est aussi extrêmement utile et nous permet d’avoir des prix négociés. C’est tout l’intérêt de la mutualisation.  Cette année, nous voulons franchir un nouveau cap, forts de l’expérience de la première édition. Nous allons nous inscrire dans le cadre du programme AGIR en espérant obtenir une aide.

Plus d’infos : www.kiddelires.fr

Interview de Béatrice Séqueval, fondatrice du tout jeune festival Kid’Délires