Marseille Provence 2013
Marseille Provence 2013 a connu un lancement en fanfare. Le week-end d’ouverture de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture » a réuni autour de son programme 400 000 personnes à Marseille, 600 000 personnes sur tout son territoire ; un public éclaté sur le territoire des Bouches-du-Rhône. Laura Trappier, assistante de production, en charge, entre autres de l’éco-responsabilité revient sur sa mission, le plan d’action et la confrontation avec la réalité. L’ampleur de l’événement, sa spécificité géographique et temporelle ont une dimension unique pour la région, c’est pourquoi nous ferons chemin faisant, courant 2013, plusieurs « arrêts sur image », afin d’évoquer sur le vif les succès et points d’amélioration de la feuille de route « éco-responsable ».
Avec le lancement, vous avez dû gérer un événement qui a déplacé une population équivalente à celle de la ville de Toulouse. Comment s’aborde dans ce contexte exceptionnel la question de l’éco-responsabilité ?
L’un des critères de notre feuille de route, élaborée il y a plus d’un an, avec un bureau d’étude financé à 50% dans le cadre du programme AGIR était le réalisme et la faisabilité. L’objectif était vraiment de prioriser les actions sur les aspects environnementaux les plus négatifs afin de limiter les impacts tout en prenant en compte les ressources humaines de l’équipe, le rétroplanning, la multitude de projets et l’ampleur de MP2013 dans toutes ses dimensions… Dans le cadre de « l’Ouverture », ce principe de réalisme était encore plus vrai. La mise en place d’un plan d’action classique, sur l’ensemble des postes d’impacts, était trop complexe compte tenu de l’ampleur de l’évènement. En revanche, il y avait des évidences, une hiérarchisation des priorités presque imposées par le contexte. Nous avons donc concentré nos efforts sur le tri des déchets avec comme prestataire AREMACS. Chacune des zones accueillant du public à Marseille, depuis l’hypercentre jusqu’au niveau des Archives départementales a été équipée avec des duos de tri permettant de collecter les déchets recyclables d’une part et les ordures ménagères d’autre part. AREMACS a déployé un important dispositif de collecte et de sensibilisation avec près de 200 duos et plus de 60 bénévoles, un record pour l’association. Parallèlement, un travail a été engagé avec Marseille-Provence Métropole afin de définir les modalités d’enlèvement des déchets. Près d’une centaine de bennes de collecte (660 litres) ont ainsi été utilisées pour collecter les déchets des duos de tri. Un dispositif d’ampleur ayant permis de collecter plus de 9 mètres cubes de déchets recyclables et près de 19 mètres cubes d’ordures ménagères. Toutefois ces quantités restent très faibles au regard du nombre de visiteurs et témoignent de la très forte densité sur les lieux clés de l’Ouverture ainsi du choix d’une restauration via les commerces du centre-ville.
Sur quel autre axe éco-responsable avez-vous travaillé à l’occasion de cette journée ?
Évidemment, nous avons concentré nos efforts en organisant avec les Autorités Organisatrices de Transport le déploiement d’un dispositif offrant de nombreuses possibilités de déplacement entre Marseille et les autres villes du département concernées par l’événement comme Martigues, Vitrolles ou Aix-en-Provence par exemple. La fréquence et l’amplitude horaire des transports en commun ont été largement augmentées à cette occasion. Que ce soit dans le cadre des TER, des bus ou du Métro tout le monde a joué le jeu et de nombreux parkings relais ont été installés aux entrées de Marseille afin de désengorger la ville. Toutes les collectivités se sont mises autour de la table pour envisager ensemble un plan d’action cohérent et complémentaire. Plus de 200 000 personnes ont utilisé les transports en commun proposés pour la soirée d’Ouverture !
C’est une configuration que nous reproduirons à l’occasion du Spectacle inaugural du Vieux-Port « Entre Flammes et Flots »par la compagnie Carabosse, en ouverture de La Folle Histoire des arts de la rue qui se déroulera les 3 et 4 mai.
Par ailleurs, un Pass transport est à la disposition des visiteurs de la Capitale et permet de bénéficier de l’accès au transport public à un tarif préférentiel. Une plateforme de covoiturage est également disponible à l’adresse : www.covoiturage-mp2013
La démarche éco-responsable de Marseille Provence 2013 est-elle le volet environnemental d’une démarche de développement durable finalement plus large et inscrite jusque dans les choix de programmation ?
Évidemment, la programmation s’appuie, se nourrit de nombreux ressorts en lien avec le développement durable. Quartiers créatifs est un programme artistique, mais avec une dimension sociale, urbanistique, de réappropriation de l’espace par la population, de concertation, nous sommes en plein dans le développement durable. Typiquement, le GR® 2013, le premier GR métropolitain, ne peut-être, par nature, qu’un projet éco-conçu. Baptiste Lanaspeze, fondateur des éditions Wildproject prend en compte ces dimensions. Dessiner un sentier en forme de grand huit, s’étirant sur 365 km, depuis l’Étang de Berre jusqu’à la chaîne de l’Étoile, cela implique une réflexion importante en amont, dès la conception du tracé, élaboré en lien avec « Le Cercle des artistes marcheurs », la Fédération française de la randonnée pédestre et les collectivités du territoire. Cela était essentiel pour qu’il soit homologué comme tel. C’est aujourd’hui un GR, même s’il emprunte le bitume. On retrouve ses balises jusque dans la ville de Marseille, comme sur le ferryboat par exemple. Le topo guide est co-construit avec wildproject apportant ainsi une contribution artistique, créative, une vision renouvelée du territoire. Le GR sera officiellement inauguré le week-end du 22-24 mars Il a pour ambition de renouveler notre regard sur l’articulation entre la ville et la nature : marcher en bas de chez soi et apprendre à regarder son environnement, découvrir les plantes et la biodiversité du sentier dans ses aspects ruraux et citadins. Ce GR va être le théâtre de nombreuses animations comme celles du collectif SAFI, qui à partir des ressources alimentaires identifiées avec des spécialistes sur le tracé va, main dans la main, avec des chefs cuisiniers concevoir des plats à partir de ces ingrédients tels que les herbes et salades sauvages par exemple. Il y aura six étapes, une par communauté de commune, la première se déroulera du 12 au 14 avril à Martigues et Port-de-Bouc. Je pourrais aussi vous parler « Des Festins », repas d’exception préparés par des grands chefs, essentiellement à base de produits locaux. Rendez-vous en Mai !
L’éco-responsabilité est-elle appliquée à l’ensemble du programme de MP2013 ?
Nous avons fait avec nos partenaires une longue liste de projets qui devront intégrer ce critère, une trentaine, une dizaine en production directe et une vingtaine en coproduction. La plupart des disciplines sont concernées : cuisine, cinéma, musique et en toute logique des projets très spécifiques comme la création du GR ou le projet TransHumance.
Pour tous ces projets, nous avons défini un protocole, des fiches action que l’on reproduit et adapte en fonction des projets. C’est une sorte de boîte à outils transversale.
Interview Laura Trappier, chargée de production MP2013 et responsable éco-responsabilité : retour sur l’ouverture

Patrice Terraz




