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Festival D'Étonnantes

Depuis 2007, ce festival «des musiques actuelles au féminin» met les femmes à l’honneur durant deux jours à Briançon. Tous les styles musicaux sont à l’affiche (chanson française, jazz et musiques improvisées, rock, soul…) mais une seule exigence : la présence d’au moins une femme dans le groupe, qui doit être chanteuse, pour «contrebalancer l’omniprésence des artistes masculins». Jusqu’à présent les concerts se déroulaient en plein air, avec les groupes des Hautes-Alpes à la Cité Vauban l’après-midi et les artistes nationaux au Champ de Mars en soirée. En 2011 (les 24 et 25 juin), le festival envisage d’investir les friches militaires pour les spectacles nocturnes. D’Étonnantes est une initiative de l’association Un Temps festif présidé par Caroline Mougenot.

Démarche éco-responsable et mobilisation des équipes

Dès la première édition la ligne de conduite a été de consommer local le plus possible, de privilégier un mode de production plus respectueux de la terre et des hommes, de faire le moins de déchets possible et valoriser au maximum les déchets produits. Bref, de tout mettre en œuvre pour impacter le moins possible l’environnement tout en faisant la fête ! Une prise de conscience partagée par toute l’équipe de bénévoles déjà pleinement engagés dans leur vie quotidienne : consommation de produits bio, réduction énergétique, transports collectifs… De fait, à l’heure où le festival conçoit sa programmation musicale il est déjà question de limiter l’empreinte écologique.

Les éco-actions

Aucun domaine d’expérimentation n’est exclu par le festival.

Promotion de l’événement : les affiches et les programmes sont imprimés sur papier recyclé chez un imprimeur certifié Imprim’Vert ; la communication web est privilégiée (site du festival, sites partenaires, mailing list) ainsi que les insertions médias ; les T-shirts portés par l’équipe, les artistes et vendus au public sont en coton bio et issus du commerce équitable.

Maîtrise des consommations d’eau : dès la première édition, le festival a opté pour «l’utilisation de toilettes sèches qui permettent une gestion du «petit coin» plus écologique que le «tout à l’égout» ou les toilettes chimiques que l’on trouve habituellement sur les festivals». En 2010, au premier prestataire situé dans la Drôme, il a préféré une nouvelle entreprise basée dans le département, L’Otarie, à Guillestre.

Sa politique d’achat est toujours de «consommer local et bio» : bière de la vallée de la Vallouise, eau de source des Écrins, cola bio équitable. Pour les festivaliers comme pour le catering des artistes et des bénévoles, les prestataires ont été choisis dans le département, qu’ils soient producteurs ou restaurateurs.

Prévention et gestion des déchets : des containers de tris sélectifs sont déposés gratuitement sur le site par la Communauté de communes et des boîtes de pellicules photos récupérées auprès des labo photo locaux sont mises à disposition du public comme cendriers de poche. Afin de limiter les emballages en verre et en plastique, les boissons sont mises en bouteille et servies au verre réutilisable avec consigne (2 €) : des gobelets lavables qui remplacent les verres compostables en amidon de maïs utilisés auparavant, et mutualisés avec les festivals partenaires.

Maîtrise des consommations d’énergie : rien n’est fait pour le développement durable car le festival bénéficie de l’éclairage public. Cependant, la société Énernat installée à Vallouise travaille au projet d’une scène autonome équipée de panneaux photovoltaïques. Celle-ci devrait être opérationnelle en 2012 et le festival étudie un budget prévisionnel.

Transports : «on espère que les Briançonnais viennent à pied sur les lieux du festival» mais rien n’est sûr. Le festival incite donc le public au covoiturage car la mise en place de navettes gratuites est encore très compliquée du fait de la situation géographique de Briançon.

Prévention et sensibilisation

Le «noyau dur» de bénévoles est déjà acquis à cette démarche éco-responsable, mais le festival a décidé de mettre en place des signaux d’alerte, des messages de sensibilisation. Sur son site Internet, sous la forme de stands de prévention aux risques liés à l’alcool et aux drogues mais également d’un espace de «pacification», boîte à messages ouverte à tous conçue «dans un esprit de convivialité et de partage, pour créer du lien».

Travail en réseau

La mutualisation des moyens techniques et humains est l’un de ses points forts, notamment avec l’association Les Décablés qui, pendant son festival Altitude Jazz, échange les gobelets réutilisables et travaille avec la même équipe de bénévoles. En 2011, D’Étonnantes envisage d’utiliser les toilettes sèches fabriquées par Les Décablés.

Le festival bénéficie du soutien de la Ville, de la Région, du Département, du CDMDT 05 et de l’Office du tourisme pour l’ensemble du projet. Il a pour partenaires l’Espace Babylone, le média radiophonique RAM et les gîtes départementaux qui accueillent gracieusement les artistes.

Les écueils

Durant les deux premières années, l’un des principaux points noirs a été le système de compostage des déchets des toilettes sèches, jusque-là récupérés par l’entreprise Drômoise et déposés auprès des agriculteurs déjà sensibilisés à cette problématique. Aujourd’hui une solution locale a été trouvée avec le nouveau prestataire.

Le covoiturage, semble-t-il, ne fonctionne pas encore véritablement : «il faudrait trouver un outil spécifique pour faciliter la rencontre et la prise de rendez-vous : un blog, un forum…». Une réflexion est en cours.

D’un point de vue financier constate Laetitia Coduri «la démarche éco-responsable implique un surcoût, mais nous l’intégrons dans notre budget global car nous ne recevons aucune aide supplémentaire spécifique».

Perspectives

«Si on arrive à perfectionner le covoiturage et à se doter de la scène autonome, on sera alors au top !» conclut Laetitia Coduri, car tout sera soit réutilisable, soit recyclable soit compostable. Il restera encore à convaincre quelques festivaliers qui ne jouent pas le jeu même si le message éco-responsable est bien reçu par la grande majorité. Du coup le festival s’interroge : «peut-être faut-il repenser notre communication sur place et inventer de nouvelles actions de sensibilisation ?».

M.G.-G.

Remerciements à Laetitia Coduri, présidente de l’association Un Temps festif

D’Étonnantes se déroulera les 24 et 25 juin 2011 à Briançon

06 80 04 26 69

http://detonnantes.free.fr