Festival MIMI
Chaque été l’Ami, Centre de développement pour les Musiques actuelles, organise de «folles nuits de musiques innovantes à l’hôpital Caroline sur les îles du Frioul», dans un environnement naturel exceptionnel classé Natura 2000. La spécificité du Festival MIMI ? Mais tout est dans son titre ! Ici, pas de genres particuliers, mais une vraie ouverture esthétique, une vraie curiosité pour «des objets étranges, novateurs, différents, portés par des groupes qui ne sont pas en tournée» explique Julien Valnet, Attaché à la communication en charge du développement durable. Entre 1500 et 2000 personnes sont accueillies à l’occasion des concerts, hors parcours d’arts visuels libre et gratuit proposé en 2010 pour sa 25e édition (non renouvelé en 2011).
Implication et mobilisation
Sur son site internet on peut lire : «Développement durable : MIMI s’engage», et cela n’est pas un vain mot. «On s’est engagé dans une démarche de développement durable dès 2009, mais de manière globale, au-delà des simples aspects environnementaux, rappelle Julien Valnet, en prenant en compte les domaines sociétaux, artistiques, écologiques… Dès l’origine, l’équipe de l’Ami était engagée, sans le savoir peut-être, à travers l’ensemble des actions mises en place tout au long de l’année, le temps fort festivalier étant la partie la plus visible de nos activités». De fait, seules quelques interventions très courtes sont nécessaires auprès des permanents, des bénévoles et des techniciens avant le festival, tandis que le Pôle communication communique régulièrement sur le site, faisant des alertes par exemple sur la pertinence du choix d’un prestataire hors région… «On a encore quelques années devant nous pour être en totale adéquation entre le discours et les actions» convient Julien Valnet.
Les actions
Réduction, tri et recyclage des déchets, communication et politique d’achats éco-responsables, éclairages à faible consommation d’énergie, incitation au covoiturage, village de stands liés à cette thématique, nourriture et boissons issues des producteurs locaux, le plus souvent bio… le Festival MIMI n’occulte aucun secteur.
Pour le covoiturage, malgré la mise en place d’une plateforme sur le site et le transport collectif une réalité (navette obligatoire), en amont, les pratiques du public sont multiples…
Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, tous les artistes sont logés à proximité du Vieux-Port près de l’embarcadère ; la distribution des programmes est assurée par un prestataire dont les véhicules sont équipés d’un dispositif de distribution avec système d’assistance par hydrogène.
Pour l’impression des programmes et des flyers, le festival a choisi du papier «PEFC» plutôt que du papier recyclé qui peut utiliser des solvants. De même, le développement des outils web et dématérialisés est optimisé pour réduire l’impact sur l’environnement.
Toute l’équipe est à l’œuvre sur le terrain pour favoriser le changement des comportements, notamment sur le tri et le recyclage des déchets, via l’implantation de poubelles spécifiques, des actions d’information et de sensibilisation (avec les bénévoles de l’association AREMACS). Tout est trié, recyclé lorsque cela est possible, et ce qui est compostable finit dans des bacs spéciaux qui vont enrichir de façon écologique et naturelle les terres des jardins marseillais…
Pour la restauration public/équipe, le festival privilégie les circuits courts, donc les producteurs locaux, plutôt que le choix absolu de produits bio.
Concernant l’éclairage, il est pour l’essentiel en lampes basse consommation, tant pour le site que pour la scène.
Enfin, le festival mène une politique d’achats responsables : les produits d’entretien, par exemple, sont choisis en fonction de leur absence de nocivité pour l’environnement ; l’achat de matériel de bureau, la sélection des prestataires se fait dans la mesure du possible en fonction de leur adhésion aux principes du développement durable.
Le Village MIMI, une action singulière
Le Village MIMI est un village de stands basé sur tous les fondamentaux du développement durable : «sensibilisation à l’environnement et aux enjeux du développement durable, distributeur de disques spécialisés, producteurs régionaux indépendants, produits écologiquement responsables, artisanat équitable, objets issus de la récupération des résidus de la société de consommation, machineries vintages par un archéologue des technologies contemporaines»… Autre spécificité : la mise en œuvre d’actions culturelles en lien avec la thématique du développement durable comme partie intégrante du festival (balades naturalistes commentées par un animateur spécialisé ou balades artistiques, les deux sont gratuites et permettent de multiplier les regards sur un site protégé). De même que la mise en œuvre «d’actions très modestes auprès de 30 personnes en partenariat avec Cultures du cœur 13»…
Le retour du public
Le public de MIMI est déjà sensibilisé aux questions environnementales et connaît bien le site protégé du Frioul, il connait également les enjeux liés au développement durable. Les retours sont positifs, mais le festival, avec plus de financements, pourrait communiquer davantage sur le site…
Bilan et problématiques
«L’Ami est une structure aux actions très vastes, souligne Julien Valnet, la démarche éco-responsable peut parfois passer au second plan, mais je trouve que cela marche plutôt bien». Quelques écueils à signaler néanmoins, comme l’adéquation entre l’annonce et la réalité («mon souci actuel est de pouvoir quantifier avec des outils en interne : feuille de présence aux réunions, indicateurs d’éco-mobilité, suivi des achats, tri et recyclage des déchets, suivi du temps de travail…») ; l’ambition affichée des actions revue à la baisse pour ne dépasser les financements (dans le cadre du dispositif AGIR de la Région) ; ou encore le changement des comportements.
À l’avenir… une meilleure évaluation
Toutes les actions de 2011 sont des reconductions, mais le festival souhaite à l’avenir mettre en place des indicateurs de suivi, notamment les kilomètres parcourus par l’équipe, leurs modes de transports, le temps consacré par chacun à la question du développement durable, la question des publics et du covoiturage (mise en ligne d’un questionnaire)… «Une fois qu’on aura fait ce suivi, on pourra innover et envisager d’autres actions, éclairer les scènes en LED par exemple… notre pack est cohérent, mais l’analyse est nécessaire».
M.G.-G.
Le 26e Festival MIMI se déroulera du 7 au 10 juillet 2011
www.amicentre.biz
Remerciements à Julien Valnet
Attaché à la communication en charge du développement durable







