Small is beautiful
Small is Beautiful, organisé par Lieux publics, Centre national de création, est un festival de spectacles en espace public, une invitation à changer notre regard sur la ville au travers de formes atypiques venues des quatre coins de l’Europe. Nouveaux récits, nouveaux usages, nouveaux parcours, nouveaux rituels : la 4e édition a irrigué un vaste territoire, depuis Martigues jusqu’à Aubagne, le centre ville de Marseille et les quartiers Nord (St-André), et a touché plus de 8000 spectateurs.
Engagement éco-responsable
C’est la première fois que Lieux publics porte une attention particulière à l’amélioration de ses performances environnementales et à la réduction de l’impact de ses activités sur l’écologie. Le résultat de la conjonction de deux paramètres : «une vigilance de longue date en qualité de citoyen de ne pas consommer n’importe quoi n’importe comment en termes quantitatif et qualitatif» et l’effet levier du programme AGIR mis en place par le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lieux publics a donc décidé de «passer à l’acte et à l’échelon supérieur de manière un peu volontariste» grâce à l’aide du Conseil régional. Car cela a un coût et nécessite des moyens. Une impulsion relayée à la fois en interne et, selon le mode opératoire d’AGIR, par l’appel à un consultant extérieur pour lister les acquis, informer sur la terminologie, les filières existantes des fournisseurs et autres prestataires. «Mues par les mêmes questionnements, toute l’équipe (administration, production, technique) a été mobilisée et s’est impliquée de manière naturelle». Durant le festival, deux rendez-vous avec le consultant ont été organisés afin d’expertiser ce qui a été fait et ce qui pourra être amélioré à l’avenir.
Les actions
L’équipe s’est ainsi posé la question de toutes les pratiques, notamment la communication : qualité du papier ? type d’encre ? diffusion ? supports ? imprimeur ? Le choix s’est porté sur son imprimeur qui utilise déjà des encres et des papiers recyclés. Et, pour réduire les documents imprimés, l’application sur I-Phone a été adoptée pour informer le public de la programmation. Pour améliorer la circulation des publics entre Martigues et Marseille, et dans Marseille intra-muros, des bus ont été mis en place ainsi qu’un système de co-voiturage entre les personnels du festival (3 villes/ 4 sites) ; des toilettes sèches ont été disposées sur divers lieux ; des batteries rechargeables et des ampoules à basse consommation ont été choisies dès lors que les projets artistiques le permettaient. Enfin, pour le catering des équipes artistiques et techniques, les filières courtes et les produits de saison ont été privilégiés, et la vaisselle recyclable ou lavable utilisée.
Les problématiques
S’inscrire concrètement dans une démarche éco-esponsable soulève cependant des problèmes, et Lieux publics a rencontré quelques difficultés comme trouver une hôtellerie éco-responsable jusqu’alors inexistante sur les 3 villes («cequi pourrait améliorer la productivité des hôtels») et un fournisseur de toilettes sèches «qui fasse les choses correctement». Problèmes d’installation, de calendrier non respecté, de démontage et même de nombre de toilettes disponibles… Le coût élevé est également un obstacle : «si les tarifs des fournisseurs et des prestataires ne baissent pas, si cette pratique éco-responsable ne se généralise pas, il nous sera difficile de garantir la pérennité de nos actions». Quant à la formation et à l’information, il est encore difficile de repérer et de déchiffrer les nombreux labels écologiques existants. Grâce à l’aide de la Région, Lieux publics proposera prochainement à l’ensemble du personnel des stages de conduite pour consommer moins de carburants. «Mais il reste encore à assimiler l’ensemble des nouvelles informations»…
Le public
Les retours du public sur l’application I-Phone, les toilettes sèches et le transport collectif par exemple ont été immédiats ; de même pour les artistes et techniciens vis-à-vis du catering.
Perspectives
À l’issue de cette première expérience, des pistes d’actions se dessinent pour les futures éditions, notamment «sur le tri des déchets pendant le festival dont la marge de progression est possible» ou l’émergence d’une hôtellerie éco-responsable à proximité. Autre axe à développer : «adresser des préconisations offensives aux fournisseurs actuels et à venir, des recommandations à des loueurs de voitures propres» faute d’avoir trouvé sur place un parc de véhicules adéquats. Mais au-delà du festival, Lieux publics applique ces principes éco-responsables à la rénovation de ses nouveaux locaux à la Cité internationale des arts de la rue dans le cadre du programme AGIR : installation de détecteurs de mouvements pour baisser la consommation électrique, d’une cuve de récupération des eaux pluviales pour l’entretien des ateliers de construction, mise en place de réducteur de pression aux robinets… (déménagement prévu en 2011). De fait, la démarche éco-responsable est «une démarche collective»… et l’idée du Conseil régional et de l’ADEME «de monter la plateforme aér est intéressante aussi à ce titre : on croise les expériences et les lacunes, mais on est aussi plus forts».
M.G.-G.
Remerciements à Sabine Chatras, administratrice de Lieux publics
Small is Beautiful s’est déroulé du 6 au 23 octobre 2010
04 91 03 81 28







