Festival Musi'Queyras
Depuis 20 ans, le «petit festival des hautes montagnes» propose un moment fort de musiques et de rencontres. Au menu, et pour toucher le plus grand nombre de spectateurs, des découvertes, des créations et un programme musical éclectique proposé à Abriès sur plusieurs scènes en plein air. Il y a 20 ans, des habitants amoureux du jazz créaient un mini événement ; depuis, l’Association culturelle sociale et sportive du Queyras (ACSSQ) a pris le relais et fait évoluer le projet en lui insufflant une nouvelle dynamique : pas moins de 15 concerts pour sa 15e édition et 24 formations pour ses 20 ans ! Désormais Musi’Queyras investit les rues du village, plante ses chapiteaux sur les places et propose même des afters… «tout en gardant un format convivial qui privilégie le rapport artiste-pubic-organisateurs.
Origines naturelles de l’implication et mobilisation de l’équipe
Le festival se situant dans le parc régional du Queyras, la sensibilisation de l’équipe est «naturelle et historique». Les nouvelles générations sont encore plus sensibles au développement durable et à la protection de l’environnement remarque David Lasnier, responsable culturel ACSSQ et responsable du festival : «la prise de conscience s’est affinée depuis 3 ans car nous voulons préserver une nature préservée». Tous ont la volonté de ne pas laisser de déchets après leur passage, pratiquent le tri, le recyclage et souhaitent gérer au mieux les problèmes environnementaux.
Les diverses actions mises en œuvre
Les transports. «Il y a un gros travail à faire pour limiter la pollution liée aux transports» constate David Lasnier, même si le festival a mis en lien sur son site internet un site spécialisé dans le covoiturage et une plateforme du Conseil général 05 pour réserver des bus. «Le bouche à oreille fonctionne en interne grâce à la navette associative et beaucoup moins bien au sein du public». Les transports «c’est un truc qui fâche et pourtant c’est ce qui pollue le plus (…) Tout le monde en parle mais personne ne fait rien. C’est un problème plus général d’éco-citoyen et de citoyen, sauf que le problème de base est chez les constructeurs…». Et l’association rêve de mettre en place le vélo électrique pour circuler dans le parc régional du Queyras…
Les déchets. Le tri sélectif et le tri des déchets organiques sont proposés à l’équipe et au public grâce à la Communauté de communes du Queyras qui met à disposition des containers. Les poubelles sont dûment signalisées et cela fonctionne bien : «il faut éviter le mauvais tri, c’est le b-a-ba !». Le festival essaye aussi de diminuer la production de déchets en utilisant moins d’emballages (courses faites au marché), des bouteilles en verre consignées et recyclées, et en fabriquant son propre compost.
La maîtrise des consommations d’eau. «On économise l’eau avec l’installation de toilettes sèches précise David Lasnier, on fait aussi attention avec le lave-vaisselle et les douches au Chalet des jeunes (lieu d’hébergement des équipes)».
La maîtrise des consommations d’énergie. Le festival utilise l’ampoule à filament et l’éclairage scénique est encore à l’ancienne. Le choix du LED fait débat : «si on réfléchit au LED et à son recyclage, on peut se poser des questions car cela réduit la consommation électrique mais son recyclage est polluant. La solution serait peut-être de fabriquer des lampes à filament économique à vie. Cela existe…». Le festival utilise des LED sur le parcours lumineux mais pas pour l’éclairage scénique, les LED lui paraissant moins performants. Par ailleurs, changer le mode d’éclairage sous-entendrait changer le parc de matériel, ce qui a un coût et pose aussi la question du recyclage de l’ancien parc.
Une politique volontariste
La politique d’achat est délibérément locale :
pour la restauration de l’équipe comme du public (produits artisanaux, potagers personnels et marché d’Abriès) ; utilisation de gobelets lavables, d’assiettes en porcelaine et de couverts lavables pour l’équipe (réduction des déchets); vente de jus de fruits bio (pas de label mais production artisanale comme pour la bière Marcus produite dans la Drôme).
pour la bureautique : utilisation de tours basse tension et basse consommation et logiciel Linux libre de droit.
pour la communication : le festival privilégie les réseaux internet, facebook, l’information sur leur site et réutilise les banderoles. Réalisés jusqu’à présent sur du papier recyclé, les affiches et les flyers 2011 sont imprimés de manière classique car le coût est de – 15 à – 20 % inférieur. C’est donc un choix purement financier.
Les problématiques
Le financement : mener des projets éco-responsables coûte plus cher ;
La mutualisation des équipements : une pratique que le festival souhaite plus répandue, notamment la création d’un parc de matériels communs (pour les gobelets par exemple) ;
Le transport : une prise de conscience des institutions territoriales serait nécessaire afin de travailler en relation étroite avec les structures.
Les partenaires
Le festival ne dispose pas d’aide spécifique des collectivités territoriales pour son engagement éco-responsable. Néanmoins l’équipe a créé une ligne particulière dans son budget : «un acte militant de l’association qui a voté à l’unanimité» souligne David Lasnier, et reconnaît ainsi leurs actions (toilettes sèches, tri sélectif des déchets, …). Cette décision impacte d’autres lignes, mais «c’est un choix».
Réactions du public
Le public est sensible à la démarche du festival, au discours de l’équipe, à ce qui se dit sur scène et à ce qui se joue ! La sonorisation de la scène est pensée de manière à limiter la pollution sonore et à limiter les risques auditifs liés à l’écoute…
Les projets à venir
Se définissant comme «des artisans de la culture», Musi’Queyras réfléchit avec l’association Acousmi et Queyras libre à «faire des spectacles à énergie humaine» ! Le principe ? Transformer les spectateurs en cyclistes pour que leur pédalage soit source d’énergie…
L’équipe aimerait également, mais cela coûte cher, installer un éclairage solaire sur le site afin de gagner en autonomie, utiliser des véhicules à pédales, voire installer 2 ou 3 petites éoliennes près du village qui bénéficie des vents de la vallée… David Lasnier regrette même que «les mairies ne se soient pas emparées d’un projet de mini centrales hydrauliques sur les torrents pour alimenter les villages»…
M.G.-G.
Remerciements à David Lasnier, responsable culturel ACSSQ et responsable du festival
Le 20e Festival Musi’Queyras se déroulera les 27, 28, 29 et 30 juillet 2011 à Abriès
04 92 46 69 01







