Plateforme aer

Festival d'Avignon

Fondé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d’Avignon est aujourd’hui l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. Chaque année, en juillet, Avignon devient une ville-théâtre et un forum à ciel ouvert qui transforme son patrimoine architectural en divers lieux de représentation pouvant accueillir plus de 100 000 spectateurs de toutes les générations. Son espace de légende est la Cour d’honneur du Palais des papes, lieu des représentations théâtrales en plein air pouvant réunir jusqu’à 2000 personnes. Le Festival d’Avignon réussit l’alliance originale d’un public populaire avec la création internationale à travers la programmation d’une quarantaine d’œuvres de théâtre, de danse, et parfois d’arts plastiques ou de musique.

Engagement éco-responsable

L’engagement du Festival d’Avignon dans une démarche éco-responsable est l’un de ses objectifs actuels. Historiquement, c’est la Ville d’Avignon qui a sollicité ses partenaires à participer à une réflexion sur l’environnement dès 2007/2008, mais l’équipe y était déjà fortement sensibilisée. Beaucoup de choses assez simples ont été mises en place rapidement et, grâce au dispositif AGIR de la Région, le projet s’est étoffé et a été validé en 2010. L’édition 2011 sera celle du développement et de la pérennisation car le festival désire s’inscrire dans le moyen et le long terme. D’où l’élargissement de sa réflexion sur le contenu du projet, les objectifs, les moyens, la communication : qu’est-ce que le festival peut apporter de plus de fait de sa spécificité, de son histoire ? Partant du constat que 750 professionnels s’y retrouvent, qu’il est un lieu de croisement des compétences et de circulation des pratiques : «À cet endroit-là, que pouvons-nous faire ?» s’interroge Arnaud Champenois, administrateur du festival et responsable environnement.

Naissance d’un Laboratoire

Une réflexion collégiale s’est engagée, véritable socle pour une mise en œuvre d’actions concrètes, prémices d’un festival qui deviendrait «un lieu de recherches et un laboratoire», un lieu de veille où ingénieurs, experts, partenaires, fournisseurs jouent le jeu… Un comité de suivi piloté par le festival a été créé, ouvert à des personnalités extérieures : des spécialistes des nouvelles technologies basse consommation dans le spectacle vivant par exemple, invités à partager leurs expériences et leurs réflexions, et plus largement sur toutes les nouvelles technologies visant à réduire l’impact sur l’environnement. Un premier bilan a été établi en 2010.

Un projet en 5 points

Réduction des gaz à effet de serre. Fin 2010, le Festival d’Avignon a fait faire un bilan carbone et les résultats sont en cours de finalisation : ils seront la base de référence à partir de laquelle seront élaborées les actions. D’ores et déjà il s’interroge sur les voitures électriques («coût très élevé encore aujourd’hui et retombées sur l’environnement encore floues»), sur le covoiturage (mise en ligne fin mai d’une plateforme spécifique sur son site + communication auprès du public), sur les navettes de liaison entre les lieux extra-muros (déjà proposé en 2010, le principe a connu un grand succès (1 spectateur sur 2, mais le coût est encore trop élevé), sur la prise en charge financière des navettes (le coût reste une question d’actualité : en 2010, il fallait compter 3 € l’aller-retour grâce au dispositif AGIR). «Si on baisse les coûts, on pourra aller plus loin» explique Arnaud Champenois.

Éclairage LED. L’introduction de l’éclairage LED dans les spectacles est l’un des objectifs du festival : «habituer les artistes et les techniciens à utiliser cette technologie malgré les freins». Une personne en charge du dossier travaille à la sensibilisation des équipes. Le bilan est déjà positif. Concernant son matériel scénique lumière, le festival mutualise son parc depuis longtemps avec différents lieux du territoire local (Les Hivernales, l’Opéra…) et national (prêt de matériel réciproque). L’investissement en LED sera également mutualisé.

Amélioration des dépenses énergétiques. Pour diminuer les dépenses énergétiques dans les lieux temporaires (salles de spectacles) et dans les lieux permanents (ateliers des décors et stockage), le festival a fait établir un pré-diagnostic environnemental qui a été transmis à la Ville. Celui-ci concerne le matériel lumière (cf ci-dessus) et la climatisation : «Il n’y a pas encore de solution technique satisfaisante, constate Arnaud Champenois, mais il est important de mesurer le niveau de consommation de nos matériels». Suite à cette réflexion, l’idée d’installer des compteurs électriques nomades a fait son chemin et l’achat de 5 compteurs est prévu en 2011. Ainsi doté d’outils de mesure, le festival pourra effectuer un suivi précis sur les lieux temporaires.

Eco-communication et achats responsables. 1ère étape : réalisation d’un état des lieux de la consommation papier, des types de papiers utilisés, des imprimeurs et des fournisseurs (comment ils travaillaient ?). 2e étape : réflexion autour des nouvelles technologies de l’information, les coûts, le contenu des messages, l’intérêt de tels outils ? Le festival développe son site Internet dans un souci d’ergonomie, de développement des consultations téléchargeables pour limiter l’édition de papier (2 pages par défaut) ; il reste très attentif aux papiers éco-labellisés (comment les utiliser, à quel coût, quelles contraintes ?), de même qu’il étudie l’usage de papiers recyclés pour la bureautique et la communication. Idem pour la vente d’objets éco-labellisés à la boutique du festival. Tous les choix de communication intègrent cette réflexion, notamment la question du recyclage des bâches et des kakémonos.

Les déchets. L’édition 2011 servira de test s’agissant de l’utilisation de gobelets recyclables sur les lieux de convivialité, un bilan est prévu au terme de la manifestation. Concernant la mise en place du tri des déchets, le festival est en contact avec des prestataires spécialisés publics et privés : quelles filières, quelle pertinence ? Le bois, le fer, le plastique, le carton, le tout-venant… : le tri existe déjà mais il est question de l’améliorer. Le prochain bilan prendra en compte la traçabilité des déchets.

Sensibilisation et formation des personnes

En interne, il y a un responsable environnement (Arnaud Champenois, administrateur) et un comité de pilotage composé de permanents volontaires issus de chaque service.

En direction du public : diffusion sur le site Internet de la Charte environnementale du festival qui stipule les grandes orientations, les tenants et les aboutissants du développement durable. La charte a été élaborée par les conseillers d’un cabinet d’ingénieurs conseils. Par ailleurs, un guide de tous les gestes simples à l’usage des équipes du festival et du public a été intégré au site et dans les cahiers techniques des compagnies invitées.

Problématique financière

«Si on veut un projet ambitieux il faut du personnel et des moyens, il faut investir du temps car les projets se construisent dans la réflexion» souligne Arnaud Champenois, et d’ajouter : «il faut investir dans du matériel scénique lumière basse consommation par exemple, mais il est 10% plus cher». En 2010, le Festival d’Avignon a bénéficié du dispositif AGIR.

Partenaires institutionnels

Le Festival d’Avignon bénéficie du soutien de la Région Paca, de l’ADEME, de la Ville d’Avignon, de l’Arcade (plateforme aér) et, sur le terrain, de la Communauté de communes pour le traitement des déchets, «et pourquoi pas le transport…».

M.G.-G.

Remerciements à Arnaud Champenois, administrateur et responsable environnement

Le 65e Festival d’Avignon se déroulera du 6 au 26 juillet 2011

04 90 27 66 50

www.festival-avignon.com