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LE
DUO FERRANDI-MELIA
Une
rencontre des musiques provençale et corse
Contact
: 06 80 15 16 44
Ce
duo instrumental, composé de Roland Ferrandi
(cetera, guitare, et "guitara battente "), et de Benjamin
Melia (flûte traversière, galoubet-tambourin
et fifre), a pour définition " la croisée
des chemins entre la musique provençale et corse ".
De formation classique ces deux musiciens inscrivent cette formation
dans le cadre de musiques et de rencontres méditerranéennes.
Ils développent ainsi un mélange de musiques traditionnelles
et de nouvelles créations actuelles qui s'inspirent parfois
d'harmonies médiévales.
Ces deux concertistes interprètent aussi de la musique
italienne (à travers des styles comme la tarentelle ,
et la villanelle) ainsi que des mélodies d' "horizons
de la Méditerranée" (Espagne, Grèce).
Ce duo souhaite enrichir des thèmes populaires grâce
à leur définition du classique, du médiéval,
et de leur propre expérience personnelle de la tradition;
ils s'ouvrent sur la musique du Bassin Méditerranéen
, avec sacouleur de mer et de soleil, dans l'esprit de la fête,
de la danse, et du concert.

Roland
Ferrandi
Roland Ferrandi, originaire de Cozzano en Corse, développe
très tôt, (vers l'age de 10 ans) une passion pour
la musique. Il est vrai qu'il arrive de cette île, encore
plein de souvenirs de longues soirées en musique, de
chants et de guitare.
Il rencontre Louis Davalle, élève et disciple
d'Andrés Ségovia, qui devient son maître
en l'accompagnant tout au long de ses études de guitare
classique pendant de nombreuses années. De plus, il étudie
aussi au Conservatoire d'Aix en Provence, de Toulouse, puis
de Neuchâtel en Suisse.
Roland Ferrandi donne alors de nombreuses représentations
musicales, de concerts, d'animations, et enseigne la guitare
comme instrument soliste puis d'ensemble, ainsi que le solfège
et la composition.
Ses concerts le poussent vers des pays étrangers, et,
désireux d'étudier de nouvelles cultures, de les
comprendre et d'en connaître davantage, il part pour étudier
la musique ancienne, médiévale et traditionnelle
en Italie, en Espagne et en Suisse.
Voulant retrouver la musique "de ses racines" , fort
d'une technique de luthiste et d'une formation en musique ancienne
, il se perfectionne avec la Cetera, célèbre cistre
corse, à travers des recherches sur manuscrits et vieux
enregistrements; Il crée et développe une méthode
très détaillée de cetera , et un recueil
de pièces instrumentales traditionnelles issue de la
" Corse profonde " .
Il enrichit sa carrière en jouant en soliste et en musique
d'ensemble en France et en Europe; actuellement, il se "partage"
entre le Sud de la France (où il réside), la Corse
(où il a ses attaches familiales), et Paris. Il est aujourd'hui
:
- Membre fondateur et luthiste de l'Ensemble Renaissance et
Baroque "LA REGALE",
-Joueur de cistre et luthiste au sein de l'ensemble Médiéval
"DIALOGUS DE MUSICA"
- Ceteriste et guitariste dans l'ensemble corse "A MURELLA".
-Directeur musical et luthiste du groupe " ARC ANACROUSE
" , ensemble instrumental et vocal de musique Médiévale
et Renaissance, (direction générale Patrick Beck)
-Fondateur du groupe Corse , instrumental et vocal "CETERA
INCANTU"

Benjamin
Melia
Né en 1980, Benjamin MELIA est originaire de Saint-Raphaël
(VAR).
Tous d'abord jeune tambourinaire et fifraire dans les ensembles
de musique provençale, il devient flûtiste dans
des groupes professionnels de styles divers (musique médiévale,
improvisée, baroque) en alternance avec des études
de
flûte traversière au Conservatoire. Il y met, d'ailleurs,
un point final avec un 1er Prix.
Il est considéré très tôt comme professionnel
et devient " intermittent du spectacle " à
18 ans. Il se produit ainsi beaucoup et avec plusieurs formations
:
-Concert en soliste avec M. Colin et H.Pourtau, organistes :
Festival de Toulon, Festival de Serre Chevalier, Festival International
de Saint-Raphaël et divers concerts à travers la
France : Nancy, Sanary, Pierrefeu.
-Flûtiste du groupe " Nouvé Rouna "
(noëls provençaux) : tournée CCAS, tournée
pour la région Piémont (Italie), tournée
pour le conseil général des Bouches du Rhône
(2004) et divers concerts en France comme en Italie : Caraglio
(Italie), Cannes, La Seyne, Fréjus.
-Tambourinaire de Sergio Berardo (musicien Italien) avec
lequel il enregistre plusieurs CDs.
Ainsi, bien sur, que des prestations en tant qu'invité
ou en solo.
A 20 ans, il est nommé professeur de musique traditionnelle
au conservatoire de Saint-Raphaël.
Benjamin MELIA est un musicien " curieux "
qui profite de ses nombreuses expériences et de sa formation
très éclectique pour créer un regard nouveau
sur la musique provençale.
Quelques
exemples musicaux à télécharger :
http://www.roland-ferrandi.com/download/sencolleracume.mp3
http://www.roland-ferrandi.com/download/vilanelle.mp3
http://www.roland-ferrandi.com/download/girandulla.mp3
http://www.roland-ferrandi.com/download/mazurkaetpolkadiupughjiale.mp3
http://www.roland-ferrandi.com/download/improvisation.mp3
http://www.roland-ferrandi.com/download/lamentudilalivu.mp3
LE
CISTRE et la Cetera par Roland Ferrandi
" Il serait difficile d'affirmer que des instruments aussi
anciens que la "cetera" aient suivi un trajet précis
en continu. Au cours de l'histoire l'instrument parfois disparaît
et réapparaît subitement. Bien qu'il soit délicat
de situer l'évolution en "organologie" du cistre,
il a joui par périodes historiques du même succès
que le luth ; du début du 16 ° siècle jusque
dans la moitié du 17° siècle, puis du milieu
du 18° siècle au début du 19° siècle.
Certains pays comme le Portugal l'ont conservé au cours
de l'histoire sous la même forme, car les sonorités
de l'instrument se prêtent particulièrement bien
au "Fado traditionnel", il est encore utilisé
de nos jours.
En Corse on le retrouve sous le nom de "cetera" (cistre
de Corse).
Au fil des siècles, la musique, bien que riche de tradition,
à beaucoup perdu de son contenu et a été
remaniée maintes fois par des mains plus ou moins habiles
et a subi linfluence de faits culturels historiques.
Certes on a beaucoup écrit et réalisé sur
cet instrument, mais c'est en grande partie la tradition "orale"
qui a véhiculé les bases de la culture et l'esthétique
musicale de la cetera, instrument probablement issu du "cetra"
ou "cetara" son cousin Toscan.
La cetera est un instrument toutefois plus populaire que le
cistre renaissance, considéré comme un instrument
plus "noble"; ce dernier dispose d'un accord, d'un
diapason, d'une morphologie plus précise et "classifiée".
Le cistre Renaissance est très souvent utilisé
dans les formations instrumentales, médiévales
, renaissances puis baroques, de différentes origines.
Ainsi on peut dire que la Cetera a suivi son propre chemin culturel
et ... social (qui reste quand même trés mysterieux).
Je tenterai donc ici de décrire cet instrument tel que
je le perçois et tel que je l'ai observé et assimilé
au cours de mon étude personnelle de musique médiévale
et renaissance, mais aussi du vécu et du savoir que m'ont
transmis les anciens et les gens d'expérience .
Ma seule prétention est donc de l'exposer comme une "proposition
"...
De par ses possibilités de puissance et de clarté
sonores, que lui confère le jeu des doubles cordes "de
fer" jouées au plectre et a la plume, le cistre
s'est développé dans toute l'Europe médiévale
et de la renaissance.
On le retrouve a partir du 12° siècle ; sa souplesse
d'utilisation et sa richesse sonore lui permettent de s'adapter
parfaitement a la monodie des troubadours et trouvères
qui sillonnaient l'Europe du moyen age en transportant une immense
culture musicale et littéraire, ou encore aux "Cantiguas
de Sancta Maria" d'Alphonse X le sage (on conserve de nos
jours encore 430 pièces de ce recueil, probablement directement
inspiré des "virelai", de troubadours picards
et provençaux).
Les peintures et iconographies anciennes sont riches de ces
instruments et sont là pour nous le démontrer.
L'instrument à travers les âges à peu changé
dans sa forme et sa structure, cependant il s'est adapté
aux nouveaux modes musicaux en évoluant vers la Renaissance.
Au 16° siècle le cistre est employé comme
instrument polyphonique et nombre de traités voient le
jour, par exemple, celui du luthiste français Adrian
le Roy paru au 16° siècle, celui de l'anglais Thomas
Robinson : New Citharen Lessons, paru en 1609, celui d'Anthony
Holborne, The Cittharn Schoole, paru en 1597, les recueils en
"Tablature" sont nombreux et souvent musicalement
très riches...
Le cistre dispose généralement de quatre choeurs
suivant l'accord, du plus aigu au plus grave :
mi, ré, sol, la ou mi, ré, sol, si
Dessin de cistre français selon Marin Mersenne, du 17°
siècle : 
Le
nombre de cordes varie suivant le pays et la période...
On trouve des cistres disposant de 4, 5, 6, 8 choeurs... et
même, selon les propos de Marin Mersenne dans son "Harmonie
Universelle" datant de 1636, "les italiens mettent
jusques à neuf ou dix rangs de cordes"...
La cetera corse, probablement issu du cistre italien, plus précisément
Toscan, dispose dans sa forme la plus répandue de nos
jours de huit choeurs ; ce qui permet, selon la longueur du
diapason, de l'accorder comme le luth européen, soit
:
- du choeur le plus aigu au plus grave :
sol, ré, la, fa, do, sol...
- ou de notre accord très proche de la guitare moderne
mi, si, sol (ou fa#), ré, la, mi...
Pour ma part j'utilise actuellement une Cetera a cinq choeurs
accordée comme suit :
sol, ré, la , ré, ré8
Mais il y a de nombreuses autres possibilités d'accordage,
c'est là une des difficultés du cistre, mais aussi
sa richesse...
Les cordes métalliques sont couplées à
l'unisson ou l'octave .
On conserve encore de nos jours la technique du "plectre"
pour cet instrument, toutefois on peut employer aussi celle
du luth (technique exposée dans "quelques mots sur
le luth") ou encore celle de la guitare.
Il s'agit la alors d'un choix de technique chacune ayant ses
avantages et ses inconvénients :
Le plectre donne une "attaque" sur la corde claire
et puissante, rythmique et "percussive", à
l'image des joueurs de Oud qui appliquent encore de nos jours
la technique ancestrale du luth médiéval.
Le contact de la corde au doigt donne douceur, relief et permet
un jeu "arpégé" plus axé vers
le répertoire à plusieurs voix et soliste. 
Le cistre aujourd'hui voit sa popularité s'accroître
à nouveau, on le redécouvre, dans la musique traditionnelle
de toutes origines, qu'elle soit ancienne ou de création
actuelle... C'est aussi le renouveau de la cetera et de la culture
musicale corse .
Fortement influencée par de nombreuses invasions au cours
de l'histoire, la Corse à toujours su conserver sa culture
musicale issue de la tradition orale, à savoir, ses polyphonies
"acapella", ses monodies soit "a capella",
soit accompagnées d'une cetera (avec par exemple la "sérénade"),
ou dun viulinu (avec le "currente"), sans oublier
l'intervention de diverses flûtes...
La vie en Corse était propice à l'échange
culturel, la réunion des familles se terminait toujours
par des partie de chant, de violon, de guitare, de cetera et
cela souvent dans la plus pure des traditions ... la magie de
la vie était au rendez vous...
Au fil du temps la cetera a retrouvé et en a gagné
de superbes couleurs musicales.
Elle est ancrée dans le passé, l'avenir culturel
des Corses et de leur tradition artistique".
Plus
d'information sur le site
de Roland Ferrandi : cliquez ici
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