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Françoise Atlan

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ROLAND FERRANDI et CETERA INCANTU

Musiques traditionnelles corses et du Bassin méditerranéen

Contact : 06 80 15 16 44


Lors d'une representation musicale, deux musiciens, Roland Ferrandi et Jean Mathieu Colombani, se rencontrent et se découvrent une passion commune : le chant traditionnel corse accompagné d' instruments: Cetera , Ceterinu , Guitare Baroque , Guitare traditionnelle et Vihuela.
Ils décident alors de créer une formation réduite , composé d'un chanteur et d'instruments du bassin méditerranéen, pour faire mieux connaitre et populariser la musique corse en la replaçant dans le contexte qui est le sien : un cadre permanent d'échanges et d'influences avec le monde méditerranéen, a l'origine de diverses couleurs : Médiévales, Renaissance, Baroques ou actuelles.

Ces musiciens s'inspirent aussi du répertoire de la "Corse profonde", en pratiquant des styles trop souvent méconnus tels "u currente", "e sirinate", "l'improvisu" qui ont pourtant témoigné de la spécificité insulaire...
il s'agit donc de sortir des "sentiers battus", de la "mode", pour revenir aux origines et en renouant avec l'authenticité, se "ressourcer".
Ils nous livrent la musique corse telle qu'ils l'ont percue dans leur enfance, à l'écoute des grands interprétes populaires ou des improvisateurs célèbres dans la Corse des années 1960 , 1970 .
Cette tradition ne constitue pas une entrave, mais la base saine d'une ouverture à des musiques plus actuelles, à de nouvelles créations, avec la possibilité du concours d'autres musiciens de renom.

Cetera Incantu :
Roland Ferrandi, Cetera, guitare, guitare baroque
Jean-Mathieu Colombani, chant

Simon Apietto, violon

LE CISTRE et la Cetera par Roland Ferrandi
" Il serait difficile d'affirmer que des instruments aussi anciens que la "cetera" aient suivi un trajet précis en continu. Au cours de l'histoire l'instrument parfois disparaît et réapparaît subitement. Bien qu'il soit délicat de situer l'évolution en "organologie" du cistre, il a joui par périodes historiques du même succès que le luth ; du début du 16 ° siècle jusque dans la moitié du 17° siècle, puis du milieu du 18° siècle au début du 19° siècle.Certains pays comme le Portugal l'ont conservé au cours de l'histoire sous la même forme, car les sonorités de l'instrument se prêtent particulièrement bien au "Fado traditionnel", il est encore utilisé de nos jours.
En Corse on le retrouve sous le nom de "cetera" (cistre de Corse).
Au fil des siècles, la musique, bien que riche de tradition, à beaucoup perdu de son contenu et a été remaniée maintes fois par des mains plus ou moins habiles et a subi l’influence de faits culturels historiques.
Certes on a beaucoup écrit et réalisé sur cet instrument, mais c'est en grande partie la tradition "orale" qui a véhiculé les bases de la culture et l'esthétique musicale de la cetera, instrument probablement issu du "cetra" ou "cetara" son cousin Toscan.
La cetera est un instrument toutefois plus populaire que le cistre renaissance, considéré comme un instrument plus "noble"; ce dernier dispose d'un accord, d'un diapason, d'une morphologie plus précise et "classifiée".
Le cistre Renaissance est très souvent utilisé dans les formations instrumentales, médiévales , renaissances puis baroques, de différentes origines.
Ainsi on peut dire que la Cetera a suivi son propre chemin culturel et ... social (qui reste quand même trés mysterieux).
Je tenterai donc ici de décrire cet instrument tel que je le perçois et tel que je l'ai observé et assimilé au cours de mon étude personnelle de musique médiévale et renaissance, mais aussi du vécu et du savoir que m'ont transmis les anciens et les gens d'expérience .
Ma seule prétention est donc de l'exposer comme une "proposition "...
De par ses possibilités de puissance et de clarté sonores, que lui confère le jeu des doubles cordes "de fer" jouées au plectre et a la plume, le cistre s'est développé dans toute l'Europe médiévale et de la renaissance.
On le retrouve a partir du 12° siècle ; sa souplesse d'utilisation et sa richesse sonore lui permettent de s'adapter parfaitement a la monodie des troubadours et trouvères qui sillonnaient l'Europe du moyen age en transportant une immense culture musicale et littéraire, ou encore aux "Cantiguas de Sancta Maria" d'Alphonse X le sage (on conserve de nos jours encore 430 pièces de ce recueil, probablement directement inspiré des "virelai", de troubadours picards et provençaux).
Les peintures et iconographies anciennes sont riches de ces instruments et sont là pour nous le démontrer.
L'instrument à travers les âges à peu changé dans sa forme et sa structure, cependant il s'est adapté aux nouveaux modes musicaux en évoluant vers la Renaissance.
Au 16° siècle le cistre est employé comme instrument polyphonique et nombre de traités voient le jour, par exemple, celui du luthiste français Adrian le Roy paru au 16° siècle, celui de l'anglais Thomas Robinson : New Citharen Lessons, paru en 1609, celui d'Anthony Holborne, The Cittharn Schoole, paru en 1597, les recueils en "Tablature" sont nombreux et souvent musicalement très riches...
Le cistre dispose généralement de quatre choeurs suivant l'accord, du plus aigu au plus grave :
mi, ré, sol, la ou mi, ré, sol, si
Dessin de cistre français selon Marin Mersenne, du 17° siècle :

Le nombre de cordes varie suivant le pays et la période...
On trouve des cistres disposant de 4, 5, 6, 8 choeurs... et même, selon les propos de Marin Mersenne dans son "Harmonie Universelle" datant de 1636, "les italiens mettent jusques à neuf ou dix rangs de cordes"...
La cetera corse, probablement issu du cistre italien, plus précisément Toscan, dispose dans sa forme la plus répandue de nos jours de huit choeurs ; ce qui permet, selon la longueur du diapason, de l'accorder comme le luth européen, soit :
- du choeur le plus aigu au plus grave :
sol, ré, la, fa, do, sol...
- ou de notre accord très proche de la guitare moderne
mi, si, sol (ou fa#), ré, la, mi...
Pour ma part j'utilise actuellement une Cetera a cinq choeurs accordée comme suit :
sol, ré, la , ré, ré8
Mais il y a de nombreuses autres possibilités d'accordage, c'est là une des difficultés du cistre, mais aussi sa richesse...
Les cordes métalliques sont couplées à l'unisson ou l'octave .
On conserve encore de nos jours la technique du "plectre" pour cet instrument, toutefois on peut employer aussi celle du luth (technique exposée dans "quelques mots sur le luth") ou encore celle de la guitare.
Il s'agit la alors d'un choix de technique chacune ayant ses avantages et ses inconvénients :
Le plectre donne une "attaque" sur la corde claire et puissante, rythmique et "percussive", à l'image des joueurs de Oud qui appliquent encore de nos jours la technique ancestrale du luth médiéval.
Le contact de la corde au doigt donne douceur, relief et permet un jeu "arpégé" plus axé vers le répertoire à plusieurs voix et soliste.
Le cistre aujourd'hui voit sa popularité s'accroître à nouveau, on le redécouvre, dans la musique traditionnelle de toutes origines, qu'elle soit ancienne ou de création actuelle... C'est aussi le renouveau de la cetera et de la culture musicale corse .
Fortement influencée par de nombreuses invasions au cours de l'histoire, la Corse à toujours su conserver sa culture musicale issue de la tradition orale, à savoir, ses polyphonies "à capella", ses monodies soit "à capella", soit accompagnées d'une cetera (avec par exemple la "sérénade"), ou d’un viulinu (avec le "currente"), sans oublier l'intervention de diverses flûtes...
La vie en Corse était propice à l'échange culturel, la réunion des familles se terminait toujours par des partie de chant, de violon, de guitare, de cetera et cela souvent dans la plus pure des traditions ... la magie de la vie était au rendez vous...
Au fil du temps la cetera a retrouvé et en a gagné de superbes couleurs musicales.
Elle est ancrée dans le passé, l'avenir culturel des corses et de leur tradition artistique".

Plus d'information sur le site de Roland Ferrandi : cliquez ici