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Une musique nommée " Prouvènço
"
Par André Gabriel
Identification
La flûte tambourine de Provence est connue sous trois
appellations : le galoubet-tambourin, le flûtet tambourin,
le tambourin. Le substantif " galoubet " dont
létymologie est incertaine passe pour avoir
été employé pour la première
fois par Jean-Jacques Rousseau en 1768, ou, selon dautres
sources, en 1791. " Flûtet " est le diminutif
de flûte, sorte de variante française du mot
" piccolo " appliqué à une flûte
à bec de petite taille. Le provençal utilise
volontiers le mot " flahutet ".
" Tambour de basque " et " tambourin "
sont souvent employés improprement lun pour
lautre bien que le second désigne implicitement
le couple flûte-tambour.
Soulignons que seuls les mots " galoubet " et
très rarement " flûtet " apparaissent
dans les dictionnaires pour désigner la flûte
provençale, au détriment des autres flûtes
tambourines pratiquées dans le sud-ouest, ainsi quen
Espagne. Cette notoriété terminologique témoigne
dune reconnaissance certaine antérieure au
revivalisme mistralien.
Portrait
de tambourinaire, Musèe Granet d'Aix-en-Provence
(XVIIIème siècle)
Localisation
Laire géographique de pratique sest considérablement
élargie depuis une quarantaine dannées.
Elle couvre les départements des Bouches-du-Rhône,
du var, du Vaucluse, des Alpes maritimes, des Alpes de haute
Provence (jusquà Digne et Sisteron) ainsi que
le Gard. On rencontre de nombreux tambourinaires hors des
limites traditionnellement admises, en raison des migrations
professionnelles et des vocations que suscitent nos instruments.
André
Gabriel
Description
Le galoubet est une flûte à bec de perce cylindrique.
Les trois trous mélodiques situés dans la
partie distale permettent de couvrir lambitus dune
douzième (de mi-bémol 5 à si bémol
6 pour un galoubet en ut) par degrés chromatiques,
avec possibilité de létendre à
une quatorzième (de ré5 à do6). Le
galoubet est une flûte à partiels, plus couramment
désignée comme " flûte harmonique
". La conjonction de lobturation des trous et
de la pression de linsufflation permet lémission
de lensemble des notes. Le musicien doit en conséquence
développer une mémoire réflexe qui
intègre certes les doigtés, mais aussi la
pression du souffle propre à chacune des notes (ou
groupes de deux ou trois notes) pour favoriser les intonations
qui conviennent. Le catalogue des articulations est comparable
à celui de la flûte à bec.
Le tambourin provençal est un tambour bimembranophone
cylindrique, dont le fût en bois, sculpté le
plus souvent, mesure jusquà 79 cm de hauteur,
pour un diamètre de 43 cm pour les plus importants.
Les plus répandus mesurent 70 cm de haut sur un diamètre
de 35cm. La spécificité du tambourin est dutiliser
la peau de timbre comme peau de frappe ; autrement dit on
percute la peau la plus fine des deux, celle sur laquelle
bourdonne la " chanterelle " (cordelette de chanvre
ou de boyau diamétralement disposée sur la
peau, prétendue être de veau mort-né).
La sonorité perpétuellement bourdonnante est
obtenue par un réglage minutieux du timbre, et une
frappe impulsée par une baguette équilibrée
dénommée " masseto " (massette).
La couleur musicale du tambourin a évolué.
En effet Marius Fabre, dans les années trente fut
lun des premiers tambourinaires à détendre
la chanterelle pour lui accorder plus de liberté
damplitude dans sa vibration, et à frapper
la peau en son centre, sur le timbre, comme cela semblait
se pratiquer au cours du XVIIIe siècle. Les musiciens
varois conservent ce style de jeu ; ailleurs, on frappe
au centre en évitant la chanterelle. Le tambourin
moderne pour traditionnel quil soit, a totalement
assimilé cette nouvelle manière au point de
lériger en principe absolu.
Jeune tambourinaire au Festival du Tambourin d'Aix-en-Provence
Évocation
(historique)
Les flûtes tambourines, du Xe siècle environ
jusquà la fin de la Renaissance, sont présentes
dans liconographie, la tapisserie, la peinture, la
sculpture, à travers toute lEurope. Le couple
instrumental est parfaitement adapté à la
danse, ainsi quaux déplacements en cortège
et en procession. Il sagit alors dun instrument
de type " universel " au même titre que
les chalémies, trompettes, vièles à
archet, cornemuses, harpes
Il semblerait que dès les débuts de la période
qualifiée de baroque par les musicologues, les musiciens,
en raison de la transformation des goûts et des besoins,
se détachent de la flûte tambourine, qui se
fixe désormais dans un certain nombre de régions
pour y évoluer selon des nécessités
et des sensibilités locales. Ceci expliquerait les
nombreuses et riches traditions où saffirment
des caractères typologiques, esthétiques,
stylistiques et techniques si différents, parfois
même antithétiques !
Le père Marin Mersenne, en 1636, décrit avec
précision, sans indication géographique, une
" flûte à trois trous " dont le doigté
est différent du flûtet actuel. En revanche
le tambourin, conforme à ce que nous connaissons
encore de nos jours est bien localisé en Provence.
Ces précieux renseignements furent envoyés
au Père Minime par laixois " M de Peyresc
", lun de ses nombreux correspondants et informateurs.
Tambourinaires à Toulon au début
du XXème siècle
Une
mutation
Les flûtes tambourines comme les vielles à
roue, aux mains des ménétriers de village
et des musiciens ambulants montreurs de marionnettes et
danimaux savants, ont fait lobjet dune
heureuse " récupération " par le
phénomène de mode qua constitué
la musique champêtre de la fin du règne de
Louis XIV à la Révolution.
Le flûtet-tambourin (tambourin provençal et
tambourin à cordes) est le seul instrument de sa
catégorie à avoir bénéficié
de cet engouement, tant au théâtre avec les
opéras-ballets, en musique de chambre (sonates, suites,
concerti
), quaux bals champêtres, de lOpéra,
de la place Dauphine ou des faubourgs comme Auteuil, avec
un répertoire pléthorique commun aux musettes,
hautbois, vielles, violons, flûtes, flageole, etc.,
et des virtuoses parisiens et vraisemblablement normands
!
Festival du Tambourin d'Aix-en-Provence
De révolutions en révolutions.
Lavènement de la République réaffecte
le tambourin et le flageolet à la danse avec les
innombrables cotillons, contredanses, menuets et plus tard
polkas, quadrilles, valses, écossaises, mazurkas
Les recherches sur les poètes provençaux (cest-à-dire
les troubadours) initiées par les romanistes allemands,
élargies par Raynouard, puis Darmesteter, ont dune
certaine manière favorisé léclosion
des écoles nationales chères au Romantisme
et, en corollaire, la fondation du Félibrige ; mais
ce point mériterait dabondants développements.
Festival du Tambourin d'Aix-en-Provence
Folklorisation
Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature,
et lensemble des félibres ont focalisé
leurs efforts sur la renaissance de la langue dOc
" des Alpes aux Pyrénées " et le
riche corpus des traditions.
Le flûtet-tambourin fut élevé au rang
" dinstrument national de la Provence "
et son répertoire réduit au " répertoire
national " (cf. Daudet, Vidal). Les groupes folkloriques,
" escolo felibrenco " pour la plupart, furent
conçus comme les organes de transmission dune
langue, dune mémoire, dune culture, dune
musique. Ils constituaient des foyers militants en faveur
du régionalisme, sans toutefois prôner quelque
engagement politique que ce fût. Le ressort de la
folklorisation est la maintenance artificielle et décalée
dune tradition éteinte ou en voie dextinction.
Festival
du Tambourin d'Aix-en-Provence
Évolution
Le folklore aujourdhui se transforme progressivement
en un espace artistique où se créent des ballets,
des " tableaux ", des enchaînements de danses
savantes et paysannes au service dun public certes
nombreux, comme en témoigne le taux de fréquentation
du festival de Martigues par exemple, mais plus exigeant,
plus critique, sollicité par leffet davantage
que par lauthenticité, doù les
concepts de " folklore scénographié ",
de " folklore reconstitué " et de "
musique rénovée "
Festival du Tambourin d'Aix-en-Provence
Institutionnalisation
La situation du folklore en Provence reflète à
quelques détails près la situation nationale
française. Lorsque la gauche accède au pouvoir
en 1981, le ministre de la Culture, Jack Lang, et le directeur
de la Musique, Maurice Fleuret, lancent les bases dune
réflexion sur les possibilités denseigner
les musiques traditionnelles dans les Conservatoires et
Ecoles Nationales de Musique. Au terme dune longue
gestation, la première cession pour lobtention
du CA (certificat dAptitude) est ouverte en 1987,
celle du DE (diplôme dEtat) en 1989. Des cours
de tambourin existaient déjà aux conservatoires
dAix-en-Provence, depuis 1973, et dAvignon,
depuis 1981.
Des questions fondamentales se trouvent alors posées
en des termes inhabituels pour lépoque, et
certains le vivent comme une agression. Il ne sagit
pas dêtre un virtuose " idio-contextuel
" mais musicien, musicologue, ethnomusicologue, chercheur,
créateur et pédagogue. Le monde associatif
sest brusquement trouvé en rupture de banc
avec linstitution, le fait du Prince. La reconnaissance
tant souhaitée nest pas venue confirmer une
partie de ceux qui lappelaient de tous leurs vux.
Le désaccord portait sur trois problèmes pivots
: le mode de transmission, la nature du répertoire
et lopportunité, avérée ou non,
de limprovisation. Les thèses officielles ont
commis lerreur dappliquer, sans analyse sectorielle
(mais cela était-il possible?) , le même schéma
à toutes les musiques traditionnelles de France et
du Monde. Les thèses contradictoires ont confondu
instrument traditionnel et répertoire traditionnel.
Le paradoxe fut de constater les prises de position des
fédérations et associations folkloriques en
faveur dun répertoire de musique savante situé
aux antipodes de leurs prestations (animations et spectacles
de danse
), comme en témoigne le nombre de signatures
recueillies par les pétitions du Comité de
défense du Tambourin. Il est vrai que le galoubet-tambourin
est traditionnel par sa présence plus que par son
répertoire, mais on ne peut raisonnablement pas confondre
de catégorie une polka, fut-elle de tradition orphéonique,
et une sonate en la qualifiant de " traditionnelle
" sous prétexte quelle fut composée
pour linstrument. ! Dans cette nébuleuse aux
arguments sophistes, révisionnistes et souvent consternants,
le tambourinaire ne sait plus que penser. Cette fausse querelle
de prétendus experts touche fort heureusement une
infime minorité de musiciens qui sont les otages
dune désinformation.
.
Vers la Méga-fusion
La vivacité dune tradition se mesure à
sa faculté dadaptation aux époques quelle
traverse sans toutefois altérer sa nature intrinsèque.
Une tradition vit à travers ceux qui la portent,
elle représente un art de vivre et de partager avec
dautres ce qui est la marque intime dune civilisation.
Ce nest ni une doctrine, ni une règle monastique,
mais plus une philosophie, une clef qui ouvre à la
compréhension du monde, une forme dhumanisme.
Connaître ou partager une tradition, cest respecter
la différence, cest tolérer lautre
et senrichir mutuellement.
La musique provençale, empêtrée dans
un folklorisme figé, avait boudé les courants
de la " folk music " des années 70.,Une
raison technique doit cependant être invoquée
à sa décharge : à lépoque
les galoubets en La (jouant en Ré-Sol préférentiellement)
étaient rares, les plus répandus, en Si, au
ton de Saint Barnabé, ne pouvant jouer quavec
eux-mêmes, privaient leurs détenteurs de la
possible complicité avec laccordéon,
le violon ou la guitare. Quelques années plus tard,
le rendez-vous avec les musiques traditionnelles à
grand spectacle était pris. Les formations de musique,
de chant, de bal se sont multipliées, à lexemple
des groupes Mont Joïa et Bacchas. Arrangements, créations,
collectages, chansons de toutes sortes (engagées,
poétiques, humoristiques, traditionnelles) constituaient
des programmes éclectiques devenus des références.
Ces concerts " vesprado et " baletti " ont
concouru, à mon avis, à porter la gauche au
pouvoir en 1981, doù le retour des choses évoquées
plus haut (institutionnalisation).
Ces mêmes années ont vu la création
des " Musiciens de Provence " (1971) à
qui lon doit une dizaine de disques. Limportance
de leur travail fut considérable, car la flûte
tambourine sortait du modèle folklorique pour proposer
une lecture originale des textes anciens (du Moyen Age à
la Renaissance, ainsi quun répertoire plus
régional et récent). De nombreux ensembles
dans leur sillage se sont spontanément créés
à Toulon, Aix, Avignon, Mondragon
La musique provençale (quelquefois de sensibilité
occitane) avait enfin renoué avec son passé
archéo-musicologique et se découvrait un avenir.
Elle avait un public. Elle devenait enfin " porteuse
".
Les choses se compliquent avec les " nouvelles musiques
traditionnelles ", les " musiques croisées
", la World music, le jazz contemporain ouvert aux
musiques et instruments traditionnels.
En effet de nombreux musiciens tambourinaires (Miqueu Montanaro,
Raymond Jean Audigane, André Gabriel
) se sont
lancés dans lexploration de ces langages fusionnels,
où léchange et la juxtaposition des
styles et des profils engendrent des alchimies nouvelles.
Le plaisir de " faire " cette musique est immense,
mais il faut bien constater que le nombreux public, chaleureux
et conquis, vient simprégner dune musique
nouvelle quil nidentifie pas comme provençale
(ou occitane). Le public provençal traditionnel,
quant à lui, ne se retrouve pas dans cet espace artistique.(il
y a évidemment des exceptions !). Les uvres
de musique contemporaine savante que jai eu le plaisir
de créer sont confrontées à une situation
assez similaire : uvres de Demillac, Desportes, Challuleau,
Formosa, Mortagne, Conte. La création, ne loublions
jamais, est signe de bonne santé pour un art, une
pratique. La création " savante ", la musique
contemporaine en général, est confrontée
en permanence à ce problème de reconnaissance
par un large public. La création en musique traditionnelle
est globalement mieux acceptée, ce qui est bon signe
pour le genre (réalisations de Montanaro par exemple).
Dautres pistes créatives sont explorées,
comme limprovisation et la relecture de collectages
et de proto-textes : René Sette, Atelier Damase
La tradition provençale na jamais mis en exergue
limprovisation, tout au plus des libertés dans
les fioritures, le contre-chant et les battements de tambourin.
Nous sommes là devant une innovation, car on transfère
un procédé sur un instrument que rien ne destine
à le recevoir. Limprovisation est le reflet
de la pensée du musicien à linstant
fugace où il joue. On incorpore à la tradition
provençale une tradition universelle pratiquée
en Inde, en Afrique, en Sardaigne, dans le jazz
On
ne peut obliger le tambourinaire à improviser, mais
on doit louvrir à cette option et créer
un espace dexpérimentation.
Opposer modernisme à traditionalisme relève
du sophisme, du faux problème. Ainsi ces nombreuses
sensibilités, en forme de profession de foi pour
les uns ou de combat de la dernière chance pour les
autres, se trouvent, par une heureuse fortune, réunies
sur une même scène chaque année, à
loccasion du Festival du tambourin dAix-en-Provence,
organisé par lassociation des Venturié
et Jacques Mouttet.

Quelques
questions.
La musique provençale de notre temps nintéresserait-elle
que les non-provençaux ?
Notre communauté provençale souffrirait-elle
de communautarisme ?
Que peut-on faire, sans tomber dans le piège du nationalisme
artistique, pour réveiller nos consciences car, pour
merveilleuses que soient les musiques créées
en jouées en Provence, elles se doivent dintéresser
aussi, et malgré eux, les provençaux ?
Comment chez nous tisser des liens entre production musicale
et public, aussi forts que ceux qui existent chez nos voisins
catalans, basques et bretons ?
Festival du Tambourin d'Aix-en-Provence
Proposition
de conclusion
On peut se réjouir de louverture du ballet
folklorique à dautres conceptions et à
dautres styles musicaux avec le Ballet Zéphir,
héritier fortuit de la compagnie de danses françaises,
sans oublier les louables efforts chorégraphiques
et musicaux de la Capouliero de Martigues, de Flour de Rose
de Mondragon, et de bien dautres groupes qui poursuivent
avec talent la voie ouverte par le regretté chorégraphe
et danseur Daniel Audry, du Roudelet de Château-Gombert.
Noublions jamais que tous les tambourinaires (ou presque),
de Maurice Guis à Miqueu Montanaro, sont issus des
groupes folkloriques. Les meilleurs musiciens de la jeune
génération affichent un parcours identique.
Il est facile de critiquer ces formations, mais lHistoire
de la musique provençale est indissociable de leur
action depuis plus dun siècle. On peut regretter
globalement le manque de qualification et de réflexion
dune partie des dirigeants et dire avec cynisme que
" le folklore est un mal nécessaire ",
mais il faut cesser dopposer folklore et musique traditionnelle,
du moins en Provence, car cest quelque part scier
la branche sur laquelle on est installé !
Les nouvelles données socio-anthropologiques nous
portent à croire que nos sociétés évoluent
rapidement vers le multiculturalisme dû aux migrations
de populations (Nord-Sud, Est-Ouest), aux goûts divers
et prononcés pour lexotisme, laventure
humaine et culturelle, les échanges, les contacts
Ce domaine réservé à létude
des ethnologues souvre à chacun de nous qui
souhaite sinstruire de la mémoire de son voisin.
Le levier du multiculturalisme agit sur la création
fusionnelle dun musique nouvelle que lon continue
à dénommer " traditionnelle ", quelquefois
World music, mais qui est la musique dune partie de
la société actuelle, englobant des influences
protéiformes en perpétuel devenir, doù
la notion dauthenticité est absente (avec le
risque dacculturation). Cette musique sera dans cent
ans (ou plus, ou moins) une musique " traditionnelle
poly-culturelle " à limage de nos sociétés.
Cette mise en perspective nexclut en aucune façon
la musique provençale et les provençaux qui,
sans sendormir dans les délices de Capoue dun
langage quelquefois décalé ou dépassé,
doivent accepter les temps qui changent tout en se nourrissant
de la tradition pour rebondir. La tradition nest pas
un rempart derrière lequel on sabrite et se
protège, mais une force, une formidable énergie
qui permet de vivre en bonne intelligence le temps présent
sans amnésie ni nostalgie. Les limites de la musique
traditionnelle sont celles du musicien traditionnel. On
se doit de former le plus grand nombre de jeunes gens à
cette pratique professionnelle ou dilettante, à leur
ouvrir le cur, lesprit et les oreilles, à
leur faire prendre conscience quils sont, chacun,
individuellement, porteurs dun humanisme, dune
mémoire collective, dune spécificité
identitaire, et que le monde de demain, loin des censures
et des jugements péremptoirement exclusifs, sera
pétri de tolérance, de diversité et
damour en quantité équivalente à
ce quils déploieront. Nos lendemains appartiennent
donc à chacun dentre nous ; à nous,
bâtisseurs de rêves concrets et possibles, de
solidement et durablement bien construire. Au travail !
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André Gabriel, septembre 2001
Tambourinaire provençal, enseignant au Conservatoire
de Région de Marseille et à lEcole Nationale
de Musique dAvignon, André Gabriel est également
concertiste, musicologue, et sonneur de cloches .Il a réuni
une importante collection personnelle dinstruments
de musique du monde, avec une attention toute particulière
portée à la famille des flûtes tambourines.
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