|
Musiques et musiciens traditionnels dans
les Hautes- Alpes, des folkloristes au Revival
par Patrick Mazellier
Isabelle Barthélémy,
Les Violons du Rigodon
La musique saccommode mal des délimitations
administratives, des limites de départements, de
régions
à plus forte raison si lon
parle de musiques traditionnelles qui ne sont souvent que
le produit dune intense activité sociale et
relationnelle. Certes la musique traditionnelle procède
dun particularisme et le chercheur se doit de fixer
avec précision le lieu et la date dune enquête
attestant une pratique, un répertoire, mais nest
ce pas pour mieux le mettre en parallèle avec dautres,
voisins ou plus lointains, dans lespace et le temps
?
Ne cherchons donc pas dans les communautés paysannes
despace culturel hermétiquement clos, de conservatoire
où se seraient miraculeusement préservé
des traditions, et plus particulièrement dans celles
des Alpes où les migrations, saisonnières
ou même définitives dune partie de la
population étaient indispensables à la survie
des groupes familiaux.
Les collectes des folkloristes, de Tiersot à Gauthier
Villars, de Lambert à Pittion, tout en tentant de
cerner un répertoire " spécifique ",
ont bien montré les limites de limage dun
répertoire Haut Alpin. Une certaine originalité
se précise, délimitant des zones de propagation
des danses (rigodon, quadrille
). Dun autre coté,
les répertoires chantés nous apparaissent
allant vers une certaine uniformisation, encore amplifiée
par le caractère nécessairement réducteur
des notations sur partitions. Les enquêtes ethnographiques
contemporaines ont modifié la donne. Grâce
aux documents sonores enregistrés, le chanteur, le
musicien a fait une irruption définitive entre lethnologue
et son objet détude, faisant peser tout le
poids de sa personnalité dans la balance : rythme
vécu, timbre de la voix, poids de linstant
fixé par lenregistrement
Après
avoir été régionale, voire locale,
la musique traditionnelle se personnalise un peu plus et
devient dabord laffaire dun individu,
musicien, chanteur, danseur, qui a su développer
des qualités particulières et les faire progressivement
reconnaître par tous.
Les premières collectes enregistrées dans
les Hautes-Alpes datent des années 1939, cest
la fameuse croisière sonore initiée par Roger
Devigne, folkloriste et premier directeur de la Phonothèque
nationale. Sa démarche sapparente encore beaucoup
à celle des folkloristes du XIXéme siècle
: informateurs convoqués à heure fixe, enregistrement
hors du contexte social de la pratique, nombreux intermédiaires
Autre
temps, autre méthode, dautres collectes suivront,
comme celles de Charles Joisten, plus particulièrement
axée sur le conte, mais ne négligeant pas
pour autant la chanson dont il était un fin connaisseur,
et dautres encore
Elles nous révèlent
des couleurs sonores inhabituelles, une grande diversité
des contenus et même parfois un certain " ethnisme
" musical à cent lieues de limage folklorique
à laquelle on a voulu nous accoutumer. Au-delà
des répertoires, les collectes contemporaines nous
permettent de mieux cerner la globalité des pratiques,
leurs nombreuses implications sociales et surtout linfluence
des revivalismes successifs. Car " lhéritage
folklorique ", en apparence moribond, a suscité
bien des passions, des disciples haut alpins de Mistral
à la création des groupes folkloriques de
lavant-guerre, jusquà la toute récente
mode de la musique dite " folk ".
Les musiciens, les chanteurs, les danseurs, enregistrés
et rencontrés seront donc des témoins précieux,
mais aussi, pour certains jeunes musiciens populaires à
la recherche de nouveaux horizons musicaux, des passeurs
de répertoire, de style, comme un ultime prolongement
de la tradition. Le contexte est cependant bien particulier.
Si des attitudes, des comportements souvent individuels
perdurent et peuvent faire illusion, la disparition de la
société rurale traditionnelle est largement
consommée. Elle va de pair avec un certain isolement,
artistique, social, voire une marginalisation de ces chanteurs
et musiciens qui ne sest pas démentie jusquà
ce jour et qui explique peut-être en partie la qualité
de leur accueil à lenquête.
Madeleine ROUX, chanteuse de Renveillés. Photo Catherine
Gauthier
En descendant le Drac
Sur le plan géographique, lexamen attentif
du contenu des collectes nous laisse suggérer des
aires culturelles anciennes, qui se sont estompées
à la faveur des nouveaux découpages administratifs
en département et en région. Ainsi, si lon
sen réfère à quelques marqueurs
identitaires dimportance, comme celui de la pratique
de la danse du rigodon, souvent en association avec le jeu
du violon, se dessine un espace géographique orienté
transversalement, du Rhône aux Alpes. Il suit approximativement
la vallée du Drac, de la Mûre à Gap.
Un ensemble de petits pays : la Matheysine, le Trièves,
le Beaumont, le Valbonnais, le pays de Corps, le Valgaudemar,
le Champsaur, le Gapencais
jalonne cette route économique
dimportance, qui était empruntée par
les montagnards pratiquant le colportage ou allant se louer
pour les travaux saisonniers dans les grandes fermes du
Bas Dauphiné. Cette apparente unité nexclut
pas les discontinuités, comme cette pratique du quadrille
relié à certains terroirs (Embrunais, Brianconnais
).
Dune cohérence relative sur le plan linguistique
(domaine majoritaire de loccitan alpin), notre zone
peut sétendre vers lOuest au-delà
du Rhône, jusquau Bas Vivarais. Les confins
de la Provence au Sud, et ceux de la Savoie au Nord, délimitent
approximativement ce territoire, avec pour les premiers,
un déclin plus précoce des pratiques traditionnelles,
et pour les seconds, des répertoires très
différents.
Des chanteurs et musiciens de village
Léchelle principale de fonctionnement de nos
musiciens et chanteurs se situe incontestablement au niveau
des villages, des hameaux et des quelques gros bourgs qui
émaillent ces terroirs. Cet ancrage géographique
se retrouve dailleurs dans lintitulé
des répertoires : rigodon de Saint Bonnet, de Manse,
de Charance
On serait tenté de dire que le volume
de leur expression sonore est, à quelque part, en
rapport direct avec le cercle dessiné par leur sociabilité
: ils officient en règle générale tout
seul ou à deux, dans le cadre des veillées,
des vogues, des reboules, et leur auditoire reste, du point
de vue numérique, relativement modeste. Ce ne sont
pas uniquement des paysans, ils peuvent être artisans,
commerçants, petits fonctionnaires, mais sont foncièrement
des ruraux, attachés à leur terroir. À
partir du début du XXe siècle, de petites
formations orchestrales apparaissent ici et là au
gré des photographies et des témoignages et
intègrent souvent un instrument à plectre
(guitare, banjoline, mandoline
), un accordéon,
un violon.
La grande affaire de lannée cest la Vogue,
principale festivité du calendrier des réjouissances,
organisée par les jeunes de la classe, cest-à-dire
les conscrits.
Lorsque lon sait que chaque hameau se devait de "
tenir " sa vogue et quil y avait des communes
comme Orcières dans le Haut-Champsaur qui en comptait
jusquà vingt, on imagine aisément lintensité
des relations humaines suscitée par cet épisode
festif. Chaque bal de la vogue était fréquenté
par les jeunes des villages alentour et les violoneux étaient
des invités de marques, sollicités de longue
date. Cette maîtrise de lorganisation des festivités
par le groupe de la jeunesse va disparaître progressivement
dans les bourgs et les petites villes au profit des comités
des fêtes, des organisateurs de spectacles. Question
déchelle, la fête doit être synonyme
de grande foule, question de vitesse de circulation des
répertoires, désormais la TSF dicte le goût
du jour, et les formes traditionnelles apparaîtront
vite désuètes.
Dautres évènements importants sont à
mentionner : le cycle du Carnaval, qui se singularisait
dans cette partie des Alpes par un feu de joie le premier
dimanche du Carême, les reboules qui étaient
des réunions pour clôturer un épisode
de travaux collectifs : battages dans le Trièves,
fenaisons en Champsaur... Autant doccasions dun
bon repas, de chanter mais aussi quelquefois de danser,
entre hommes, le rigodon à quatre, une démonstration
devant tout le groupe, autant doccasions ou chanteuses,
chanteurs et musiciens pouvaient rivaliser de verve et transmettre
leur savoir faire et leur répertoire.
Au cur de la tradition musicale : le chant
Dans les pratiques musicales, chantées, jouées,
dansées, des communautés rurales, le chant
avait un statut privilégié, pratiqué
par presque toutes et tous, et à de multiples occasions
: plaisir de faire résonner sa voix dans lespace
en solo ou en groupe, abondance des répertoires totalement
mémorisés, richesse et variété
des couleurs vocales (vibrato, nasalisation, voix de tête
très aigu pour les femmes...). Le chant participe
de toutes les activités sociales et la voix est le
vecteur dapprentissage de tout le répertoire,
instrumental et dansé. Témoin le statut de
chanteuse ou de chanteur qui, bien quil ne soit pas
rétribué en argent était aussi prestigieux
que celui du violoneux de la Vogue .
Les répertoires sont dune grande variété,
et à côté dun corpus de chant
traditionnel généralement très fourni,
ils associent des répertoires populaires où
lon retrouve les grands auteurs de chansons de la
fin du XIXe et du début du XXe siècle (Théodore
Botrel, Pierre Dupont...) ainsi que des compositions de
rayonnement local. Celles-ci empruntent beaucoup au vocabulaire
de la chanson folklorique et confirment la persistance du
phénomène de la folklorisation jusquau
milieu du XXe siècle.
Si un important corpus de chansons traditionnelles est associé
à des moments forts de la vie quotidienne : fréquentation,
noces, carnaval, départ des conscrits... bon nombre
de chansons sont moins répertoriées dans leur
usage : veillée, banquet de la classe... mais elles
sont souvent associées à la personnalité
dun interprète remarquable (chant satirique,
complainte, chant de soldat). Au niveau des thèmes,
très variés, celui de lamour prédomine
avec les bergères, aubades, Renveillés, complaintes...
très certainement liés à limportance
de la fréquentation et du mariage dans les communautés
rurales.
Les Renveillés dOrcières, qui se rattachent
à la catégorie des aubades, sont un exemple
relativement original de socialisation dun répertoire
traditionnel. Ce sont des mélodies que les jeunes
garçons chantaient en groupe et en plein air, sous
les fenêtres des filles, à la belle saison.
Elles sinscrivent dans le cycle de la " fréquentation
", cest-à-dire cet épisode qui
précédait le mariage, et qui comme bien dautres
coutumes, festivités, était régi par
les groupes de la jeunesse. Cette tradition de chants collectifs
perdure jusquaux années 1950.
Sur le plan musical, elle témoigne de lélaboration
dun phrasé collectif assez original, comprenant
des ralentis, des tenues, en liaison avec le texte, et dune
certaine stylistique du chant traditionnel (pause de la
voix, nasalisation, port de voix, ornements), qui a suscité
des interprètes remarquables . Dune manière
générale, on reste étonné de
la qualité des voix, de la richesse des timbres,
de la sûreté du phrasé que lon
rencontrait (et rencontre encore) chez certaines chanteuses
et chanteurs de village de cette partie des Alpes, preuve
dune pratique du chant très intense, encore
toute proche.
Le rigodon : un marqueur identitaire
La danse qui est assez uniformément répandue
durant tout le XIXe siècle, cest le rigodon.
Il peut prendre différentes formes sur le plan de
la structure musicale, de la chorégraphie, des paroles...
tout en conservant une certaine unité. Cest
une danse au tempo toujours rapide, formée de phrases
courtes de rythme binaire. Elle subsiste encore aujourdhui
sous la forme de brefs refrains satiriques, en occitan,
qui raillent les habitants de tel ou tel village, réputés
pour leur avarice ou la laideur de leurs filles à
marier.
Dautres danses étaient aussi très répandues
: quadrille, farandole,
sans parler des danses de couples
telles que polka, troïka, mazurka, scottish, mais aucune
na supplanté le rigodon. Cette danse a joui
dune grande vogue dans les campagnes et même
les villes, du début du XIXe siècle jusquà
la guerre de 1914-18. Passé cette date, elle décline
plus ou moins vite en fonction des aléas du terrain,
tels la présence dun groupe de bons danseurs,
un café de village à la salle de bal accueillante,
un musicien réputé attaché au répertoire
de sa jeunesse
sans oublier les inévitables
réanimations successives, uvres des groupes
folkloriques ou danimateurs socioculturels.
Dans le Vercors principalement, mais aussi en Dévoluy,
Trièves et dans certaines régions du Vivarais,
la danse du rigodon était menée à la
voix, on dansait " à son de gueule " ou
" à la langue " et le chanteur de rigodon
est qualifié encore aujourdhui de " charameleur".
Cette prédominance de la voix, même dans la
musique à danser, explique le faible nombre dairs
exclusivement instrumentaux recueillis, et le fait que la
musique de violon semble sêtre développée
dans une relation étroite avec le chant (ornements,
accentuations...), sans réelle concurrence avec laccordéon,
ni accointance avec son homologue " acoustiquement
correct " le violon classique.
- Les violoneux et leur musique
Linstrument dominant au début du siècle
dernier était sans nul doute le violon. Les "
vioronaïres " étaient très nombreux,
souvent plusieurs par village, et ceci jusquaux années
1950. Paradoxalement, les derniers praticiens traditionnels
de linstrument en Gapençais, Champsaur, Beaumont,
Trièves, se sont éteints dans les années
1980 - 90 et laissent peu de successeurs directs dans leurs
" terroirs musicaux ". Linstrument le plus
pratiqué aujourdhui est sans nul doute laccordéon
chromatique, qui après avoir succédé
à laccordéon diatonique a développé,
époque oblige, un répertoire traditionnel
plus limité. Chaque génération se reconnaît
donc plus ou moins dans un instrument et dans un répertoire,
et sans contestation possible, comme pour la danse du rigodon,
limage du violon est largement associée à
" ceux de 14 ", les anciens qui dansaient le rigodon
dans les banquets, les noces et les vogues.
Cependant, le violon conserve encore aujourdhui une
image dinstrument identitaire dans la mentalité
collective, confortée peut-être par les "
revivalismes folkloriques " successifs et tout récemment
par la mode de la musique " folk ".
La musique de violon est fortement typée, riche en
effets sonores surprenants, en dissonances, porteuse dun
répertoire varié et pertinent tant sur le
plan mélodique que rythmique. Citons au passage quelques
éléments qui la caractérisent suivant
les régions mais aussi les musiciens : utilisation
des doubles-cordes, jeu darchet très rythmique
en liaison avec les appuis des danseurs, ornements du doigté
et de larchet, nombreuses variantes dun même
air, couleur modale des mélodies.
À côté du rigodon, les danses que lon
retrouve le plus fréquemment sont la valse, la polka,
la polka piquée, la troïka... mais aussi un
grand nombre de mélodies de chansons, des romances
à la mode du début du siècle aux années
1950, et qui, pour partie, se transforment aisément
en valse musette, fox-trot, java. Car tous nos violoneux,
sils possèdent dans leur répertoire
une couleur " régionale " que lon
pourrait résumer par le rigodon, sont aussi des musiciens
engagés dans la musique populaire de leur temps,
très éloignée de limage folklorique
que lon voudrait leur faire endosser. La mémoire
collective en a brossé des portraits hauts en couleur,
personnages respectés et admirés autant pour
leur habileté et leur savoir de " routiniers
" que pour leur endurance à jouer plusieurs
jours durant.
Au-delà de la tradition, la personnalité de
chacun se reflète dans sa musique ; Camille Roussin
dOrcières qui jouait peu de rigodons, saccompagnait
au violon en chantant les aubades avec beaucoup de sensibilité
; Alphonse Martin de Chorges joignait à sa pratique
le fait quil avait construit lui même son violon
; Augustin Istier tenait peut-être sa " cadence
" de sa pratique de la danse ; Albert Dévoluy
de Corps ne jouait pas un rigodon sans évoquer la
mémoire de son père, violoneux renommé
Il faut souligner lexistence, comme dans le domaine
du chant, de véritables artistes traditionnels, témoin
le violoneux de Molines, Emile Escalle . Musicien renommé
et reconnu, issu dune famille de violoneux, il interprétait
rigodons et aubades avec une sensibilité toute personnelle,
une sonorité remarquable et un coup darchet
très sûr.
A partir des années trente le déclin de la
pratique semble aller saccélérant, et
ces musiciens ne vont plus jouer quépisodiquement,
dans un cadre domestique, souvent coupés de la pratique
de la danse. Malgré quelques regains lors des bals
clandestins durant la dernière guerre, le violon
napparaîtra plus, sauf à quelques rares
exceptions près, pour jouer " le rigodon des
anciens ", en attraction en milieu de soirée.
Cet isolement se confirme aussi du côté des
groupes folkloriques, où le violon est remplacé
par laccordéon chromatique. Serait-ce par faute
de violoneux postulants, ou par souci de promouvoir une
certaine image du folklore qui domine de lentre-deux-guerres
aux années 1950 ? Une image assez lisse, peu soucieuse
de la réalité du terrain, et qui saccorde
mal avec la musique du violon, porteuse dun répertoire
varié et pertinent sur le plan rythmique et mélodique.
Les Violons du Rirgodon
De la tradition au " revival "
Il faudra attendre le " revival " du début
des années 1970 pour que lon redécouvre
à la faveur des collectes contemporaines enregistrées
et de leurs publications, limportance de ses musiciens,
loriginalité de leur répertoire, la
densité de leur pratique.
Des concours de rigodons organisés par les municipalités
au début du siècle, en passant par la renaissance
folklorique des années 1930 autour du groupe Le Rigodon
de Charance et son successeur le Pays Gavot... toutes ces
initiatives, pour intéressantes quelles soient
nont en rien modifié la physionomie profonde
dun matériel musical abondant, relativement
original, révélateur de pratiques musicales
certes passées mais riches dune convivialité,
dune sociabilité encore toute proche. Ces dix
dernières années, la mode aidant, le mouvement
est allé saccélérant. De multiples
initiatives basées sur la ré-interprétation,
la création ont pris appuis sur les publications
sonores des principales collectes : stages de danse et dinstruments,
groupes musicaux, fêtes locales réanimées...
Cette double démarche, conjuguant recherches et créations,
mobilisant de nombreux acteurs très différents,
a fait surgir en peu de temps de nouveaux territoires musicaux
que lon nosait soupçonner. Des musiques
qualifiées souvent de régionales ou locales,
il y a peu de temps encore de folkloriques, font preuve
aujourdhui dune belle vitalité et témoignent
dune véritable culture globale issue de la
ruralité, sappuyant sur des formes musicales
pertinentes, des techniques et des styles vocaux et instrumentaux.
Elles réaniment des flux culturels que lhistoire
officielle a souvent négligé détudier
: liens transalpins, axes Alpes - Vivarais ou Alpes
Méditerranée. À la lumière des
pratiques, des répertoires, des activités
sociales quelles génèrent, elles nous
révèlent lexistence de " passerelles
culturelles " qui renouvellent notre perception des
cultures régionales. À nous dencourager
ce foisonnement, de la recherche à la création,
dans sa diversité, sa pluralité, ses multiples
dimensions créatives, telles que nous les ont légué
ces musiciens et chanteurs, dune individualité
artistique résistante à tout clonage et académisme
datelier, prompts à lemprunt fonctionnel
comme à lattachement viscéral à
leurs particularismes.
************************************************************************************
Depuis plus de vingt ans Patrick Mazellier , violoniste
traditionnel et collecteur, enquête sur les traditions
musicales des Hautes - Alpes. Il sest plus particulièrement
attaché à étudier les chants du village
dOrcières ( appelés Renveillés),
dont lenquête vient dêtre publiée
au Centre alpin et rhodanien dethnologie.
|