Rigodon
Françoise Atlan

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Grand Bal du Piémont

organisé par
Musica Viva Associazione Culturale
Via Santa Chiara 34
10122 Torino
Tel : +39 347 6505181
Site : www.granbaldupiemont.it
Mél : infogranbal@yahoo.it

20-23 juin 2002

De la tradition piémontaise au folk européen, c’est le champ musical qu’a choisi d’explorer le Grand Bal du Piémont, depuis les montagnes de Biella.
Le Piémont est une région qui aujourd’hui encore porte une forte tradition musicale et de danse, ses vallées occitanes abritant de nombreux musiciens, violonistes et accordéonistes particulièrement, et de très nombreux danseurs, au répertoire énergique et joyeux : courento, gigo, countrodanso en modes majeurs.
Le Grand Bal a voulu mettre à jour cette vivacité des pratiques des danses et musiques populaires, soutenues en Italie par de nombreuses structures : les organisateurs ont puisé, dans cette terre encore fortement imprégnée de musique et de danse traditionnelles, une énergie volontaire essentiellement bénévole, et ont mobilisé autour de Musica Viva seize associations culturelles italiennes.

Ainsi est né ce festival consacré aux musiques et danses traditionnelles et leurs déclinaisons, qui appuie sur la diversité dans son contenu et sa fréquentation. La programmation aligne côte à côte des groupes aux répertoires issus de la tradition - comme les impressionnants Canto Antico, Silvio Peron l’an passé, I Suonamboli, qui compte parmi ses musiciens des membres de l’association Musica Viva - et des groupes de création aux inspirations mixtes. Les danseurs piémontais ouvrent leurs parquets à des intervenants qui amènent dans leurs bagages d’autres formes de culture, sud italienne, irlandaise, grecque, française - notons la présence de Drailles, venus présenter des rigodons. Ce pour un public lui-même empreint de diversité, essentiellement transfrontalier, composé d’un cinquième de Français (Provençaux, mais aussi Auvergnats et même Bretons) et d’Italiens pour la plupart Piémontais et Valdotains, d’autres ayant effectué le trajet depuis Florence.
Si le but du Grand Bal du Piémont était de faire connaître à un grand public la fertilité des pratiques de danses et de musiques issues de la tradition d’Italie et d’ailleurs, le public présent cette année était cependant essentiellement constitué de convaincus : un public de membres d’associations fréquentant bals et fêtes, des festivaliers habitués aux grands déplacements pour quelques jours d’immersion dans un autre monde, prêts à faire l’essai de nouvelles écoutes et de nouvelles danses parfois déstabilisantes, comme la tammurriata au fort tempérament.

Au total plus de 500 passionnés, musiciens et " musiquants ", danseurs et " dansants " c’est-à-dire qui ne se contentent pas de recevoir. Point n’est question de spectaculaire, mais de se jeter soi-même dans l’ambiance générale et improviser.
Certes les gens regardent, observent, mais l’observation ne doit pas s’arrêter à une activité visuelle. Elle se transforme en un élan vers les parquets et les instruments, pieds, mains, notes de musique se croisant n’importe où, autour des tables du bar, sur les chemins du campement, parfois même à la sortie des douches pour former des orchestres à peignoirs. Chaque espace, pour ces joueurs de sons et de gestes, est bon à investir pour inventer toutes sortes de rencontres. Rencontres entre cultures du nord et du sud, entre local et européen, communication entre langues latines aux déclinaisons différentes, entre le langage du corps et la compréhension de l’oreille, contact entre les doigts des musiciens et les touches des instruments, entre la chair des pieds nus et le bois des parquets, marathon dansant pour la lutte contre le sommeil, les Italiens remportant la palme de la résistance en poussant mélodies, chants et danses jusque vers des heures matinales avancées, comme s’il fallait instaurer un tour de garde pour empêcher la musique de s’éteindre … Le défi : oser dépasser ses habitudes et ses inhibitions personnelles ou culturelles… et rester actif pour se dérober aux piqûres des moustiques !

.Les Italiens font ici preuve d’un goût prononcé pour l’empirisme - toujours faire, essayer, en conservant la bonne humeur et la curiosité - qui fait la bonne marche et la croissance déjà, pour sa deuxième année, du Grand Bal du Piémont.