Musiques classiques et contemporaines

État des lieux

Créer, produire, rencontrer le public : regards sur les musiques classiques et contemporaines en région Provence-Alpes-Côte d’Azur 

Dans ce champ artistique, l’activité est développée par des structures essentiellement de statut associatif, quelle que soit la dimension des équipes artistiques et administratives. Cette activité témoigne d’un engagement important des professionnels, mais également des amateurs. Quelques projets mettent d’ailleurs en synergie ces différentes dynamiques pour des créations remarquées. Comme pour toute autre esthétique musicale, les modalités d’écoute des musiques classiques et contemporaines sont multiples : du concert traditionnel en salle ou dans l’espace public, jusqu’au spectacle multimédia, en passant par des correspondances étroites et des constructions créatives avec les autres arts du spectacle et de la création (écriture, poésie, arts visuels).

C’est ainsi que les artistes musiciens travaillent à une meilleure accessibilité des œuvres en renouvelant l’approche des répertoires du passé par une attention particulière accordée aux scénographies, par des recherches de complémentarités et des confrontations entre différents répertoires. Ces échanges sont construits par des personnalités artistiques singulières et sur des pratiques communes à des histoires pourtant différentes telle celle de l’improvisation, par exemple.

Enfin, l’activité se déploie dans un équilibre perpétuellement recherché entre une présence forte sur un territoire de proximité et une circulation hors région à la rencontre d’autres publics.

Des structures dédiées à la création

Le Conservatoire de Marseille, alors dirigé par Pierre Barbizet, fut le premier conservatoire de France à accueillir une classe de musique électroacoustique créée par le compositeur Marcel Frémiot. Une dynamique naissait en faveur de la création liée aux technologies de traitement du son. Musiciens et compositeurs se regroupaient en collectifs. La fondation du GMEM à Marseille en 1972, et du CIRM à Nice en 1978 installait une activité régulière de recherche, création et organisation de concerts. Devenues Centres nationaux de création musicale, ces deux structures sont dirigées respectivement par Raphaël de Vivo et François Paris. Elles mettent en œuvre des programmes de recherche essentiellement sur des outils informatiques de traitement du son, accueillent des compositeurs en résidence de création, en produisent les spectacles ou concerts, montent des programmes de formation et de sensibilisation, soutiennent et accompagnent de jeunes artistes et de nouveaux projets, organisent enfin des temps forts de diffusion : les festivals « Les musiques » à Marseille et « Manca » à Nice. Depuis 1999, le GMEM bénéficie de locaux qui peuvent recevoir du public.

D’autres groupes se sont constitués, à partir de démarches singulières, dans les années quatre-vingt :

Le GRIM, Groupe de recherche et d’improvisation musicale, à la croisée des musiques actuelles, occupe depuis 2001 la Scène musicale de Montévidéo, à Marseille, lieu partagé avec la compagnie de théâtre Diphtong. Disposant d’un studio musique et d’un espace d’accueil du public, le Grim reçoit également des artistes en résidence, organise des ateliers réguliers d’improvisation, des master classes, une saison musicale importante où se côtoient les multiples esthétiques de la création d’aujourd’hui.

Le MIM, Laboratoire musique et informatique de Marseille, a été créé par les anciens élèves de la classe d’électroacoustique du Conservatoire de Marseille, dans l’objectif de poursuivre une réflexion collective sur la création. Le collectif diffuse ses propres productions, reliées à la problématique des recherches en cours, et construit des partenariats dans une démarche transdisciplinaire.

Ensembles et compagnies…

Qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes, les musiciens aiment à croiser leurs expériences avec d’autres artistes du geste et du mouvement, de l’image, des mots écrits, parlés déclamés, du cirque. Ils mettent en lumière de secrètes correspondances temporelles entre œuvres du passé et créations actuelles, ils tracent des lignes musicales sur de nouveaux atlas géographiques, ils modèlent des formes renouvelées par la coexistence de vécus différents.

Ils se nomment Musicatreize, Baroque-graffiti, Télémaque, Polychronie, Symblêma, Concerto Soave, Piano and Co, Dulcisona, C Barré, Des Équilibres, Ubris studio, Art-Temps réel, Ad fontes, Pythéas, Les Bijoux indiscrets, Studio instrumental, Orchestre des musiques anciennes et à venir…

Leur travail artistique se double d’une constante attention portée au public. La plupart des lieux dédiés au spectacle vivant les accompagnent dans cette démarche, mais également d’autres espaces telles médiathèques et archives qui offrent le cadre à des temps de dialogue entre les musiciens et les auditeurs, des temps de préparation et de réflexion partagée sur les spectacles. Enfin, conscients que leur activité s’inscrit dans une chaîne de transmission entre générations, la plupart de ses ensembles interviennent dans les établissements scolaires, accompagnent les pratiques d’étudiants, inventent des ateliers spécifiques en partenariat avec des structures d’éducation populaire… 

Des lieux et des festivals

Quatre maisons d’opéra, à Nice, Toulon, Marseille et Avignon, sont tout à la fois des structures de production et de programmation dédiées à l’art lyrique, et des structures d’accueil aux formes théâtrales pour Avignon et Toulon. Elles abritent également les activités d’un orchestre et d’un chœur. Lesquels participent aux productions lyriques, mais ont également une vie artistique autonome en présentant une saison symphonique essentiellement dans les murs. Ils s’impliquent parfois dans d’autres productions à l’initiative de partenaires extérieurs.

Quelques particularités peuvent être signalées : L’Opéra de Nice accueille des productions extérieures lors de « matinées musicales » ; les musiciens de l’orchestre philharmonique de Nice se produisent en formations de chambre, parmi lesquelles l’Ensemble Apostrophe qui se consacre particulièrement au répertoire contemporain.

Des Festivals internationaux, tels ceux d’Orange, Aix-en-Provence, Sisteron, La Roque d’Antheron, figurent parmi les plus anciens en comptant quelques décennies de diffusion et de création.  On peut noter, pour certains un réel travail auprès de nouveaux publics, sur le plan territorial pour le Festival de la Roque d’Anthéron, auprès du jeune public et du public de proximité pour le Festival d’Aix-en-Provence.

D’autres ont suivi, s’attachant à un lieu exceptionnel, telles les Rencontres internationales de musique médiévale à l’abbaye du Thoronet (Var) et Les Riches heures musicales de la Rotonde, à Simiane (Alpes de Haute-Provence) ; ou visitant des sites naturels remarquables comme le Festival de Chaillol, et le Festival Messiaen au Pays de la Meije.

D’autres encore, plus récents, plus modestes, mettent en jeu création et convivialité, comme les Festivales des Alpes…. D’autres enfin évitent l’été se consacrant à une esthétique comme Mars en baroque à Marseille, ou à un instrument comme Orgues en Avignon.